La vente de ses activités sud-américaines à Semantix devait marquer une étape claire dans le plan de sauvetage d’Atos. Pourtant, la réaction des investisseurs est teintée de scepticisme plus que de soulagement. La question centrale demeure : la trésorerie disponible suffira-t-elle à mener à bien le programme « Genesis » et à enrayer la faiblesse opérationnelle sur ses marchés cœur ?
- Cours de l’action : environ 50,25 euros
- Désinvestissement : Cession des activités en Amérique du Sud (environ 2 800 employés) à Semantix
- Trésorerie disponible : 1,77 milliard d’euros
- Situation opérationnelle : Recul des revenus d’environ 10,5 % en Amérique du Nord et au Royaume-Uni
- Pôle d’espoir : Eviden et son projet d’exascale Jupiter
- Objectif financier : Retour à un free cash flow positif d’ici à 2026
Une trésorerie confortable, mais des défis opérationnels persistants
Avec une réserve de liquidités de 1,77 milliard d’euros, Atos dispose d’un coussin non négligeable. Ce matelas financier offre une marge de manœuvre au management et atténue les risques de refinancement à court terme, dans le sillage de la restructuration de 2024 ayant allégé la dette de 2,1 milliards d’euros. Néanmoins, le tableau opérationnel reste préoccupant. Les derniers chiffres révèlent une érosion significative du chiffre d’affaires sur deux marchés clés, l’Amérique du Nord et le Royaume-Uni. Par ailleurs, l’entreprise continue de subir une sortie de trésorerie trimestrielle se chiffrant en dizaines de millions d’euros.
Dans ce contexte, la division high-tech Eviden, portée par le contrat exascale Jupiter, constitue un atout stratégique et une source de commandes solides. Cependant, les performances de ce pôle ne parviennent pas, pour l’instant, à compenser entièrement les difficultés rencontrées par les activités de services traditionnels.
Une cession qui alimente les doutes
L’opération de cession, qui porte sur les filiales du Brésil, de l’Argentine, du Chili, de la Colombie, de l’Uruguay et du Pérou, apporte des liquidités immédiates. Les observateurs du marché y voient avant tout une mesure nécessaire de simplification, inscrite dans la logique du plan « Genesis ». Cependant, un sentiment d’inquiétude prévaut chez certains actionnaires : ce retrait d’une région au potentiel de croissance pourrait, à terme, affaiblir la capacité de génération de profits du groupe recentré. Cette perception se reflète dans les transactions, où les ordres de vente dominent, empêchant le titre d’établir un plancher technique durable.
Analyse technique : Le niveau des 50 euros, un seuil décisif
D’un point de vue chartiste, la barre symbolique des 50 euros représente un support technique majeur. Une rupture franche et soutenue en dessous de ce niveau pourrait déclencher des ventes stop-loss et accentuer la pression baissière. À l’inverse, son maintien ouvrirait la voie à une phase de stabilisation, surtout si les mesures de réduction des coûts portent leurs fruits et inversent la tendance négative des revenus dans les zones géographiques principales. L’horizon fixé par la direction pour un retour à un free cash flow positif, soit 2026, reste l’étalon-or pour évaluer le succès de la restructuration.
Conclusion : Si la vente d’actifs et la solide position de trésorerie ont redonné à Atos une capacité d’action, la persistance des reculs commerciaux en Amérique du Nord et au Royaume-Uni maintient le titre en situation de vulnérabilité. Les prochaines publications trimestrielles seront cruciales. Elles devront démontrer que le plan « Genesis » produit des effets concrets sur l’activité et que le support des 50 euros tient bon. Cette double condition déterminera l’orientation future : stabilisation ou nouvelle phase de correction.
Publicité
Actions Atos: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Atos et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Atos entièrement gratuite : En savoir plus ici !

