Le groupe informatique Atos poursuit sa mue profonde, une transformation qui redessine entièrement son architecture. Si l’exercice 2025 a vu le respect des objectifs de chiffre d’affaires et une nette amélioration de la marge opérationnelle, les investisseurs restent préoccupés par l’ampleur des pertes nettes et la réduction des effectifs. La stratégie d’efficacité mise en œuvre sera-t-elle suffisante pour absorber, sur la durée, le poids financier d’une telle restructuration ?
Un exercice 2025 contrasté, entre progrès opérationnels et lourdes dépréciations
Le plan de sauvetage « Genesis » commence à porter ses fruits sur certains aspects opérationnels. Atos a, en effet, atteint son objectif de chiffre d’affaires, lequel s’est établi à environ 8,0 milliards d’euros, malgré un recul organique de 13,8%. Le véritable point positif réside dans la remontée de la marge opérationnelle. Celle-ci a plus que doublé sur un an, pour atteindre 351 millions d’euros, soit un ratio de 4,4%.
Cependant, cette performance est éclipsée par le résultat net, lourdement affecté par les coûts de la transformation. Le bottom line affiche une perte abyssale de 1,4 milliard d’euros. Une somme dans laquelle les dépenses directement liées à la restructuration représentent à elles seules 540 millions d’euros.
Cette métamorphose organisationnelle s’est traduite par une rationalisation significative des ressources humaines. Les effectifs mondiaux ont fondu de 19%, pour compter désormais près de 63 200 collaborateurs. Conjointement, le groupe s’est désengagé de zones géographiques non rentables, avec des retraits achevés en Scandinavie et en Amérique latine. La direction indique que 88% des objectifs d’économies prévus sur trois ans sont d’ores et déjà réalisés.
Les perspectives 2026 : le cash flow et l’IA en ligne de mire
Pour l’année en cours, la priorité affichée est la consolidation des bases et le retour à une stabilité financière. Le management vise une marge opérationnelle proche de 7% et, surtout, un cash flow devenant de nouveau positif.
La séquence de redressement devrait néanmoins se poursuivre au premier semestre. Le premier trimestre 2026, toujours impacté par les mesures de recentrage, pourrait ainsi enregistrer une baisse d’activité allant jusqu’à 10%. Pour relancer la croissance future, Atos mise sur l’intelligence artificielle, avec le déploiement de nouveaux « Agentic Studios » sur ses marchés clés, à l’instar de l’Allemagne. La durabilité de cette reprise opérationnelle ne pourra être vérifiée qu’à partir du second semestre 2026, période où la pression des coûts de restructuration devrait commencer à se dissiper selon le calendrier prévu.
Sur les marchés financiers, la publication des résultats a été accueillie avec prudence vendredi. Le titre a cédé 4,19% en séance, pour clôturer à 38,20 euros. Cette tendance baissière confirme une dynamique négative depuis le début de l’année, avec une accumulation de pertes d’environ 26,7%. La patience des actionnaires sera encore requise pour juger de l’efficacité réelle du virage engagé.
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