Le constructeur automobile chinois BYD, leader mondial des véhicules électriques, traverse une période de forte turbulence. Les chiffres de ventes du mois de janvier 2026, les plus bas enregistrés depuis près de deux ans, ont immédiatement pesé sur le cours de son action et jeté une lumière crue sur les défis de l’industrie électrique chinoise.
Un contexte concurrentiel de plus en plus féroce
Le marché domestique chinois est devenu un champ de bataille. En janvier, BYD a été dépassé par Geely, qui a écoulé plus de 270 000 véhicules. D’autres acteurs affichent une croissance vigoureuse : Leapmotor a augmenté ses livraisons de 27 %, tandis qu’Aito, qui utilise le système d’exploitation de Huawei, a progressé de plus de 80 % pour dépasser les 40 000 unités. « Des entreprises comme Geely avec sa gamme Xingyuan ont grignoté des parts de marché à BYD sur le segment des prix bas », analyse Tu Le, fondateur du cabinet de conseil Sino Auto Insights.
Les résultats de janvier : une contraction historique
Pour le premier mois de l’année 2026, BYD a annoncé la vente de 210 051 véhicules, qu’il s’agisse de modèles 100 % électriques ou hybrides. Ce chiffre représente un recul sévère de 30,1 % par rapport à janvier 2025, constituant la baisse la plus marquée depuis février 2024.
La situation est particulièrement tendue sur le marché intérieur. Les ventes en Chine se sont effondrées à 109 569 unités, soit approximativement la moitié du volume de l’année précédente. Sur le total de 205 518 voitures particulières vendues, seulement 83 249 étaient des électriques pures, le reste correspondant à des hybrides rechargeables.
La réaction des marchés financiers a été immédiate et sans appel. Le 2 février, l’action cotée à Hong Kong a plongé de 6,9 % pour clôturer à 91 dollars hongkongais, enregistrant sa plus forte chute quotidienne depuis mai 2025. Depuis son pic atteint en mai dernier, le titre a perdu environ 40 % de sa valeur, et la capitalisation boursière du groupe a fondu de plus de 60 milliards de dollars américains.
Un triple choc structurel
Plusieurs facteurs conjoncturels se conjuguent pour assombrir les perspectives.
Le retour de la fiscalité : Depuis le 1er janvier, une taxe à l’achat de 5 % s’applique de nouveau en Chine sur les véhicules électriques et hybrides. Cette exonération, en vigueur pendant plus d’une décennie, avait été un puissant levier de croissance. Son rétablissement impacte directement les modèles d’entrée de gamme, segment historique de force pour BYD.
La flambée des coûts des matières premières : Le prix du lithium a plus que doublé au cours des trois derniers mois. Le cuivre et l’aluminium ont également connu des hausses significatives. Ces tensions s’ajoutent à des pénuries de puces mémoire, renchérissant le coût des composants pour les véhicules intelligents. « L’inflation des coûts est le principal risque », estime Joanne Cheng d’Aberdeen Investments. La capacité des constructeurs à répercuter ces surcoûts dans un environnement aussi concurrentiel reste incertaine.
L’export, seul rayon de soleil
Dans ce paysage difficile, l’expansion internationale constitue le principal motif d’optimisme. BYD a exporté 100 482 véhicules en janvier, un chiffre qui représente 48 % de ses livraisons totales. Sa nouvelle usine à Camacari, au Brésil, a produit environ 25 000 véhicules depuis son ouverture en octobre. L’objectif est qu’à la fin de l’année 2026, 50 % des composants automobiles y soient produits ou sourcés localement.
Pour l’ensemble de l’année 2026, le groupe vise un objectif de 1,3 million de véhicules vendus à l’international, ce qui correspondrait à une croissance de 24 % par rapport à 2025.
L’attente des prochains indicateurs
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la résilience du constructeur. BYD publiera ses résultats annuels complets pour l’exercice 2025 fin mars. Les analystes scruteront notamment la rentabilité de ses activités à l’export.
Parallèlement, le gouvernement chinois pourrait annoncer de nouvelles mesures de soutien au secteur automobile lors de la session parlementaire de mars. Enfin, les chiffres de ventes du premier trimestre 2026 révéleront si le net recul de janvier n’était qu’une faiblesse passagère et saisonnière ou le signe avant-coureur d’une phase de ralentissement plus durable.
Publicité
Actions BYD: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de BYD et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de BYD entièrement gratuite : En savoir plus ici !

