L’action du constructeur chinois BYD a bénéficié d’un net regain d’intérêt ce jeudi, portée par la confirmation de pourparlers avancés avec le géant américain Ford. Ces discussions, révélées par le Wall Street Journal, concernent l’approvisionnement futur en batteries pour des véhicules hybrides. Cette dynamique positive sur les marchés coïncide avec l’annonce par BYD du lancement prochain de plusieurs nouveaux modèles haut de gamme, illustrant la vélocité de son expansion mondiale.
Une alliance qui dessine les contours de l’industrie future
Selon des sources informées citées par le journal économique, Ford évalue actuellement plusieurs scénarios pour s’approvisionner en batteries lithium-fer-phosphate (LFP) auprès de BYD. L’une des options privilégiées consisterait à équiper les usines du constructeur américain situées hors du territoire des États-Unis. Les sites potentiellement concernés se trouveraient en Allemagne, en Espagne, en Thaïlande, en Turquie ou dans d’autres grands centres de production internationaux.
Si Ford a reconnu être en contact avec divers fournisseurs sans détailler davantage, BYD n’a pour l’instant pas commenté officiellement ces informations. Sur le marché de Hong Kong, l’action BYD a réagi favorablement, grimpant jusqu’à +2,5% dans la journée pour atteindre un plus haut à 101,60 dollars de Hong Kong (HKD), surperformant ainsi l’indice Hang Seng.
Un projet qui suscite des remous politiques à Washington
La simple éventualité de cet accord n’a pas tardé à provoquer des réactions critiques au sein de l’establishment politique américain. Peter Navarro, conseiller commercial de la Maison Blanche, a vivement attaqué le projet sur les réseaux sociaux. Il s’est interrogé sur la pertinence pour Ford de renforcer une chaîne d’approvisionnement chinoise tout en risquant de devenir dépendant de celle-ci.
Du côté du Congrès, John Moolenaar, le président républicain du comité spécial sur la Chine à la Chambre des représentants, a estimé que Ford devrait collaborer avec des « alliés, et non avec des adversaires ». À ses yeux, un partenariat avec BYD pourrait entacher le statut de marque iconique américaine de Ford.
Une logique stratégique pour les deux parties
Pour BYD, dont les origines remontent à la fabrication de batteries et qui est désormais le premier vendeur mondial de véhicules électriques, un contrat avec Ford représenterait l’ouverture d’un nouveau canal de revenus significatif. Sa division batteries bénéficierait d’une meilleure utilisation de ses capacités de production, les blocs pour hybrides, bien que de plus petite taille, étant destinés à de très grands volumes.
Cette orientation correspond parfaitement au recentrage stratégique opéré par Ford. Face à une demande atone pour les véhicules 100% électriques en Amérique du Nord, le constructeur a revu ses ambitions à la baisse. En décembre 2025, il a ainsi enregistré une dépréciation d’actifs de 19,5 milliards de dollars et annulé le développement de plusieurs modèles électriques, dont le pick-up F-150 Lightning. Sa feuille de route privilégie désormais clairement les hybrides et les véhicules à prolongateur d’autonomie.
Il est à noter qu’une collaboration existe déjà entre les deux groupes : depuis 2020, la coentreprise Changan Ford, établie en Chine, utilise des batteries BYD pour les véhicules commercialisés sur le marché local.
BYD accélère aussi sur le front des nouveaux produits
Parallèlement à ces négociations, BYD a dévoilé sa propre roadmap produit. La marque a présenté deux nouveaux fleurons attendus pour le premier trimestre 2026 : la berline Seal 08 et le SUV Sealion 08, tous deux issus de la gamme « Ocean » et positionnés sur le segment premium.
La firme a également annoncé les futures versions de ses modèles phares de la gamme « Dynasty », le SUV Tang 9 et la berline Han 9, dont les lancements officiels sont prévus pour le premier semestre 2026. Cette offensive commerciale intervient après une année 2025 record, où BYD a écoulé plus de 2,25 millions de véhicules tout électrique, devançant Tesla de plus de 600 000 unités à l’échelle mondiale.
Perspectives boursières et facteurs d’influence
Ce jeudi, le titre BYD a évolué entre 98,95 et 101,60 HKD à Hong Kong, pour clôturer aux alentours de 99,20 HKD. Sur une semaine, la progression est d’environ 5%.
Le consensus analyste reste orienté positivement. Le cours objectif moyen à douze mois s’établit à 132,59 HKD, soit une marge de hausse substantielle par rapport aux niveaux actuels. L’évaluation de l’action se fonde sur un ratio cours/bénéfice anticipé (Forward P/E) d’environ 16,3 et un multiple cours/chiffre d’affaires de 1,25.
À court terme, deux catalyseurs sont sous surveillance :
* L’avancement des discussions avec Ford et une éventuelle officialisation des accords d’approvisionnement.
* La publication des résultats annuels, prévue le 26 mars 2026, qui sera scrutée pour ses indications sur les perspectives du segment batteries.
D’un point de vue technique, le titre rencontre une zone de résistance notable entre 101 et 102 HKD, tandis qu’un support immédiat se situe vers les 96 HKD.
Publicité
Actions BYD: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de BYD et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de BYD entièrement gratuite : En savoir plus ici !

