La publication des résultats annuels de BYD, prévue demain, intervient à un moment particulièrement délicat pour le constructeur automobile chinois. D’un côté, son système d’aide à la conduite « God’s Eye » est au cœur de polémiques concernant sa fiabilité. De l’autre, les prépublications financières laissent entrevoir un quatrième trimestre 2025 difficile, dans un contexte de ralentissement du marché domestique.
Un environnement opérationnel déjà tendu
Les chiffres préliminaires pour le dernier trimestre 2025 ne sont pas encourageants. Les analystes anticipent une nouvelle baisse du chiffre d’affaires, d’environ 11 %, ainsi qu’une contraction du bénéfice par action. Cette tendance fait suite à un troisième trimestre où le groupe avait déjà enregistré un recul de son chiffre d’affaires de 3,05 % sur un an, à 194,98 milliards de renminbi, tandis que son bénéfice net s’effondrait de 32,6 % à 7,82 milliards de renminbi.
Le début d’année 2026 confirme cette faiblesse sur le marché intérieur. Les ventes combinées de janvier et février sont inférieures d’environ 36 % à leur niveau de l’année précédente. Ce décrochage s’explique en partie par le rétablissement fin 2025 d’une taxe à l’achat de 5 % sur les véhicules électriques, une mesure qui a incité de nombreux clients à anticiper leurs achats en 2025, asséchant la demande au premier trimestre 2026. Cette situation a permis à Geely de ravir temporairement à BYD la première place sur le marché automobile chinois.
Les déboires du système « God’s Eye » amplifiés par sa large diffusion
Parallèlement à ces défis commerciaux, BYD doit gérer une crise de confiance autour de sa technologie phare d’assistance à la conduite. Plusieurs incidents ont été rapportés par des utilisateurs, faisant état d’accélérations incontrôlées, de manœuvres de direction brutales et d’erreurs de navigation. Un cas a particulièrement retenu l’attention : un entrepreneur chinois a décrit comment son Yangwang U8, acheté pour l’équivalent de 160 000 dollars US, a subitement accéléré jusqu’à 93 km/h sur une route limitée à 60 km/h avant de dévier vers le terre-plein central. Un autre véhicule aurait changé de voie de manière autonome, se retrouvant face au trafic adverse.
L’impact de ces dysfonctionnements est accru par la stratégie de déploiement massive de BYD. Contrairement à ses concurrents qui proposent des systèmes comparables en option, BYD a intégré « God’s Eye » en série sur une large gamme de ses modèles. Fin 2025, plus de 2,5 millions de véhicules en Chine en étaient équipés, une base utilisateurs qui dépasse largement les 1,1 millions d’utilisateurs globaux du « Full Self-Driving » de Tesla. Cette omniprésence rend tout problème logiciel immédiatement plus visible.
Les exportations, seul point d’appui solide
Dans ce paysage contrasté, l’activité à l’export constitue le principal motif d’optimisme. BYD a établi un record mensuel en février 2026 avec l’expédition de 100 600 véhicules à l’étranger. L’année 2025 avait déjà marqué un tournant, le groupe franchissant pour la première fois le cap du million de véhicules exportés. Pour 2026, l’objectif est fixé à 1,3 million d’unités, ce qui représenterait une progression de 24 % sur un an.
La balle est désormais dans le camp de BYD. L’entreprise a annoncé des mises à jour logicielles pour « God’s Eye » dans les prochains mois. Leur efficacité à restaurer la confiance des consommateurs sera un élément clé à surveiller. La réponse des investisseurs, quant à elle, se formera demain, à l’occasion de la publication des comptes annuels complets, qui offriront un premier bilan concret de l’intensité de la guerre des prix sur le marché chinois du véhicule électrique.
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