Le constructeur automobile chinois BYD, souvent présenté comme un fleuron national, traverse une période délicate. La convergence d’un important rappel de véhicules sur son marché domestique et de menaces politiques venues des États-Unis exerce une pression considérable sur son titre boursier. L’euphorie liée à l’expansion et à la croissance cède subitement la place à des inquiétudes concernant le contrôle qualité et l’environnement géopolitique. La question se pose : assiste-t-on à un durable renversement de tendance ?
Des résultats trimestriels en net recul
Les fondamentaux viennent confirmer l’inquiétude des marchés. La guerre des prix qui fait rage dans le secteur chinois des véhicules électriques a lourdement impacté les comptes du troisième trimestre 2025.
- Bénéfice net : Il a chuté de près de 33 % pour s’établir à 7,82 milliards de RMB.
- Chiffre d’affaires : Une baisse d’environ 3 % a été enregistrée, à 195 milliards de RMB.
- Rentabilité : La marge brute s’est contractée, tombant à 17,6 %.
Le récit d’une croissance perpétuelle semble s’effriter. Il apparaît clairement que le seul volume des ventes ne suffit plus à compenser l’érosion des prix et la hausse des coûts.
Un nouveau rappel qui interroge
La pression opérationnelle s’est récemment accentuée. Les autorités chinoises de régulation (SAMR) ont en effet ordonné le rappel de près de 89 000 véhicules, concernant la berline hybride très prisée Qin PLUS DM-i. Les modèles visés ont été produits entre janvier 2021 et septembre 2023.
Le problème identifié touche au cœur même de la stratégie de BYD : les packs de batteries. Un défaut de fabrication pourrait, dans le pire des cas, entraîner une défaillance de la batterie, rendant impossible la conduite en mode 100 % électrique. Ce qui alerte particulièrement les investisseurs, c’est la répétition de ce type d’incident. Dès le mois d’octobre, plus de 115 000 véhicules d’autres gammes avaient déjà dû être rappelés. Cette accumulation soulève des interrogations légitimes sur la maîtrise de la qualité : la production peut-elle encore suivre le rythme effréné de la croissance ?
L’épée de Damoclès américaine
Comme si les défis opérationnels ne suffisaient pas, une menace politique se profile également. Selon plusieurs sources, le département de la Défense des États-Unis aurait recommandé d’inscrire BYD sur la liste dite « Section 1260H », qui recense les entreprises chinoises suspectées de liens avec l’appareil militaire.
Bien que cette mesure – contrairement à la tristement célèbre « Entity List » – n’entraîne pas de sanctions automatiques, son impact sur le sentiment des marchés est négatif. Pour de nombreux investisseurs institutionnels, un tel signal constitue un critère d’exclusion immédiat. La simple incertitude entourant une éventuelle inscription pèse comme une épée de Damoclès sur le cours de l’action.
Une expansion malgré la tempête ?
Face à ces vents contraires, le groupe tente de poursuivre sa stratégie offensive. Le week-end dernier, BYD a lancé à Hong Kong la commercialisation de la SEAL 6, avec l’ambition de conquérir des parts de marché dans le segment des berlines milieu de gamme. Toutefois, le lancement régional d’un nouveau modèle suffira-t-il à restaurer la confiance ? Pour l’heure, la communauté financière se focalise moins sur les nouveautés que sur l’érosion de la rentabilité et l’accumulation des risques politiques. Tant que l’incertitude persiste à Washington et que les questions de qualité demeurent, le titre de BYD restera particulièrement volatil dans un environnement de marché déjà agité.
Publicité
Actions BYD: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de BYD et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de BYD entièrement gratuite : En savoir plus ici !

