L’ère de CureVac en tant qu’entité cotée autonome est révolue. Après un quart de siècle d’existence, le pionnier tübingeois de l’ARNm voit son parcours à la Nasdaq prendre fin, laissant les commandes à BioNTech. Quelles sont les implications pour les actionnaires minoritaires et comment se déroule cette transition historique ?
Une intégration sous l’égide de BioNTech
BioNTech détient désormais le contrôle de CureVac suite à l’aboutissement de son offre publique d’achat. Le taux d’acceptation, qui s’établit à environ 86,75 %, a largement franchi le seuil minimal requis de 80 %. Concrètement, ce sont 195,3 millions de titres CureVac qui ont changé de mains.
Les termes définitifs de l’opération sont les suivants :
- Ratio d’échange : 0,05363 ADS BioNTech pour une action CureVac
- Valorisation des capitaux propres implicite : environ 1,25 milliard de dollars US
- Les investisseurs historiques ATHOS KG et dievini Hopp BioTech conservent une présence indirecte via BioNTech
Pour le PDG de BioNTech, le Professeur Ugur Sahin, cette acquisition représente une opportunité stratégique d’enrichir sa plateforme technologique en ARNm. Elle permet de fusionner les compétences, les brevets et les capacités de production des deux leaders allemands du secteur.
Sur les marchés, cette période de transition se traduit par une volatilité modérée : si le titre CureVac a progressé d’environ 22 % sur une semaine, il affiche toujours une performance négative sur les trente derniers jours.
Feuille de route pour le retrait de la cote
La prochaine étape opérationnelle majeure est le délistage. Le flottant libre étant tombé sous la barre des 15 %, les actions CureVac ont été exclues des principaux indices boursiers le 24 décembre 2025. La Nasdaq a communiqué un calendrier précis :
- 5 janvier 2026 : Date anticipée de la dernière cotation
- 6 janvier 2026 : Fusion effective, avec suspension des négociations le 5 janvier à 19h50
- 7 janvier 2026 : Suspension formelle de la cote sur la Nasdaq
Les actionnaires n’ayant pas encore proposé leurs titres seront automatiquement intégrés dans le cadre d’une procédure de squeeze-out. Leurs parts CureVac seront converties en ADS BioNTech selon le ratio initialement fixé.
Une précision fiscale s’impose : cette attribution automatique d’ADS BioNTech est soumise à une retenue à la source néerlandaise de 15 % sur les dividendes, en raison de la structure juridique choisie pour la transaction.
Nouvelle gouvernance et perspectives d’intégration
L’équipe dirigeante historique de CureVac a quitté ses fonctions suite à la finalisation de l’OPA. L’organisation est désormais alignée avec celle de BioNTech :
- Prof. Ugur Sahin (PDG de BioNTech)
- Sierk Poetting (Cadre dirigeant de BioNTech)
- Ramón Zapata-Gomez (nouveau directeur général)
À court terme, les activités opérationnelles de CureVac seront maintenues pour garantir une transition fluide. Parallèlement, BioNTech engagera un travail d’intégration stratégique, scientifique et opérationnelle.
Le site de recherche et de production de Tübingen constitue un atout central de cette fusion. Son incorporation dans l’écosystème BioNTech doit renforcer les expertises en conception d’ARNm, en formulations d’administration et en capacités manufacturières.
Situation financière au moment de la transaction
Contrairement à un sauvetage en détresse, cette acquisition intervient alors que CureVac affichait une trésorerie robuste. Les chiffres du troisième trimestre 2025 en témoignent :
- Liquidités : 416,1 millions d’euros au 30 septembre 2025
- Résultat opérationnel du T3 2025 : 310,2 millions d’euros
- Produit d’un accord avec BioNTech et Pfizer aux États-Unis : 370 millions de dollars US
- Bénéfice par action au T3 2025 : 1,21 euro
Un élément notable est cet accord aux États-Unis, qui a permis de régler des litiges portant sur des brevets et d’établir un nouveau contrat de licence. Désormais, CureVac – et donc BioNTech – perçoit des redevances sur certains vaccins à ARNm.
Un risque persistant concerne une éventuelle demande de remboursement de la Commission européenne, pouvant atteindre 450 millions d’euros, liée au contrat d’achat anticipé pour le premier candidat-vaccin contre la COVID-19. CureVac conteste ces conclusions et a annoncé son intention de contester toute demande. Ce dossier relève maintenant de la responsabilité de BioNTech.
Clarification du paysage breveté et juridique
Les conflits de propriété intellectuelle sur les vaccins COVID-19 à ARNm ont joué un rôle déterminant dans ce rapprochement. En Allemagne, les procédures en cours contre Pfizer/BioNTech sont suspendues jusqu’à la finalisation complète de l’acquisition.
Aux États-Unis, le différend a été résolu par un accord à l’amiable en août 2025. Cet arrangement inclut un nouveau pacte de licence générant des revenus pour CureVac, désormais intégré à BioNTech. La fusion fait disparaître les oppositions d’intérêts entre les parties, simplifiant considérablement la situation légale.
Le sort des actionnaires minoritaires
Les actionnaires minoritaires restants ont une marge de manœuvre réduite. La cotation autonome de l’action CureVac va cesser, et le maintien en tant que minoritaire n’est pas envisagé. Les titres encore détenus seront automatiquement convertis en ADS BioNTech lors des prochaines étapes de la fusion.
Ainsi s’achève l’histoire boursière singulière de CureVac. L’entreprise devient désormais une composante d’un groupe bien plus vaste, qui récupère l’ensemble de ses technologies, de ses sites et de sa santé financière. Pour les investisseurs, l’aventure spéculative centrée sur CureVac laisse place à une exposition à la plateforme diversifiée de BioNTech, où les activités de Tübingen ne représenteront plus qu’un élément parmi d’autres.
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