L’action DroneShield recule de 2,8 % à 1,03 euro, au lendemain d’une clôture à 1,06 euro. Le spécialiste australien de la lutte antidrone traverse une séquence où les jalons opérationnels s’enchaînent, sans que la Bourse ne suive pour l’instant.
La dynamique du secteur s’accélère nettement. Forces armées et agences de sécurité réclament des systèmes modulaires, capables d’être montés rapidement sur des flottes de véhicules existants. Un environnement porteur pour les fournisseurs de technologies, à condition d’élargir vite les capacités de production et de consentir d’importantes avances financières en matière de chaînes d’approvisionnement et d’effectifs.
Deux contrats européens pour 23,2 millions AUD
Le groupe australien poursuit en parallèle le déploiement mondial de ses solutions. Selon des informations de presse, deux marchés européens portant sur des systèmes de défense embarqués ont été conclus avec COBBS BELUX BV, pour le compte d’un utilisateur militaire final non divulgué. Le volume cumulé de ces deux accords atteint 23,2 millions AUD.
Sur le plan technologique, DroneShield élargit par ailleurs son spectre d’intervention. En août, la société a dévoilé RfRecon, une solution portable dédiée à la détection de l’environnement électromagnétique pour les forces de sécurité. Ce premier contrat pour ce dispositif d’identification assisté par intelligence artificielle a été signé avec un client militaire d’Europe de l’Ouest, la livraison étant prévue d’ici fin 2026.
Le groupe fait également progresser ses technologies de détection radiofréquence passive et ses solutions à ultra-large bande, afin de localiser les drones de manière fiable même dans des conditions dégradées. En parallèle, un partenariat avec AIM Defence permet d’intégrer la technologie laser haute énergie Fractl à son architecture ouverte et à la plateforme DroneSentry, à destination des utilisateurs militaires et gouvernementaux.
Le DroneSentry-X Mk2 entre en service sur les véhicules de l’US Army
Les avancées sont tangibles aussi chez les grands clients nord-américains. Dans le cadre du contrat JIATF-401, DroneShield a achevé l’installation et la réception formelle des systèmes DroneSentry-X Mk2 sur des véhicules de l’armée américaine. La capacité opérationnelle initiale des unités montées sur les Infantry Squad Vehicles est ainsi établie. Un avenant prévu doit étendre le programme à trois systèmes supplémentaires.
Cette montée en charge s’accompagne d’une réorganisation de la gouvernance. Rebecca Lowde prendra les fonctions de directrice financière à compter du 2 novembre 2026. Depuis le 1er juillet, le contre-amiral Lee Goddard CSC siège par ailleurs au conseil d’administration en qualité de membre indépendant, sans fonction exécutive, pour accompagner le développement commercial international dans le secteur de la défense.
251 millions de dollars déjà sécurisés pour 2026
Sur le plan financier, le groupe s’appuie sur une base de revenus de plus en plus prévisible. Pour l’exercice 2026, les revenus contractuellement engagés atteignent 251 millions de dollars, ce qui permet au management d’atteindre sa fourchette d’objectifs annuels avant l’échéance. Pour l’exercice 2027 et au-delà, 46 millions de dollars de recettes convenues figurent déjà dans les comptes.
Cette visibilité contraste avec le résultat semestriel publié il y a environ un mois. Le chiffre d’affaires de la période a atteint un sommet de 125,8 millions AUD, mais la perte nette après impôts s’est élevée à 32,2 millions AUD, alors qu’un léger bénéfice avait été dégagé un an plus tôt. L’écart entre expansion soutenue et résultat net négatif illustre la phase de croissance actuelle : pour honorer les grands contrats et répondre aux nouveaux appels d’offres, les dépenses d’exploitation ont été fortement élargies. La solidité du bilan offre toutefois des marges de manœuvre, avec 180 millions AUD de liquidités et dépôts à terme à mi-parcours, et une absence totale d’endettement.
Un titre encore loin de ses sommets
La question centrale pour DroneShield consiste désormais à approfondir les relations clients par des commandes de suivi et à exploiter les économies d’échelle de la production. En Bourse, malgré la baisse du jour, le titre évolue 25 % au-dessus de son plus bas sur 52 semaines. Mais depuis le début de l’année, la correction atteint 41 %. La capacité à démontrer une rentabilité à l’échelle demeure le principal juge de paix pour la valorisation.
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