La Bourse n’a pas offert de répit au spécialiste australien de la lutte antidrone ce mardi. Le titre DroneShield a lâché 2,2 % pour revenir à 1,08 euro, en deçà des 1,10 euro de la veille, une glissade qui n’a rien d’un accident isolé : l’ensemble du secteur de la défense a reculé dans les premiers échanges, à l’image d’Electro Optic Systems et de Codan, d’après des informations relayées par les médias. Aucune annonce propre à l’entreprise ne vient expliquer cette faiblesse. Sur l’ensemble de l’année, la contraction atteint 41 %, un niveau qui en dit long sur l’attente du marché.
Une gouvernance qui bouge, sans éclat particulier
C’est dans ce climat morose que DroneShield a procédé à un ajustement de son appareil administratif. Candice Driver a été nommée co-secrétaire générale de la société avec effet à ce mardi, succédant à Carla Balanco, qui quitte cette fonction. Paul Cenoz conserve pour sa part ses attributions de directeur juridique et de co-secrétaire général.
Cette nomination s’inscrit dans une série de mouvements au sein des instances dirigeantes. Le groupe avait déjà annoncé la désignation de Lynne Saint comme administratrice indépendante sans fonction exécutive, son entrée au conseil d’administration étant fixée au 24 novembre 2026.
Le pari des revenus récurrents
Sur le plan opérationnel, DroneShield cherche à transformer son modèle. Depuis le 1er octobre, la société commercialise « Mission Ready Services », une offre de services disponible à l’échelle mondiale et renouvelable chaque année. Ce package regroupe les mises à jour logicielles continues, des programmes de formation en ligne et un support technique. La logique est simple : au-delà de la vente de matériel, l’entreprise veut faire des prestations contractuelles une source de revenus pérenne, répondant au besoin de ses clients de maintenir leurs systèmes opérationnels en permanence.
Un cadre contractuel américain à 500 millions de dollars
Le véritable levier de croissance à moyen terme se situe toutefois outre-Atlantique. DroneShield a décroché le programme d’acquisition JIATF-401 Domestic Shield, un accord-cadre de type IDIQ d’une durée de trois ans. Le plafond du programme atteint 500 millions de dollars, avec pour objectif la neutralisation d’engins volants sans pilote dans le domaine de la sécurité intérieure américaine. À l’attribution, environ 50 millions de dollars ont d’ores et déjà été engagés sur l’ensemble des contrats octroyés.
La nuance est de taille : ce dispositif ne constitue pas une commande ferme et n’engage aucun chiffre d’affaires garanti. DroneShield s’est engagé à communiquer séparément sur chaque bon de commande dès lors qu’il revêtira un caractère significatif.
Adélaïde, socle technologique du groupe
En parallèle, le groupe consolide ses fondations sur son marché domestique. Le 23 septembre, il a inauguré officiellement un nouveau centre de recherche et développement à Adélaïde, destiné à renforcer sa présence en matière d’ingénierie en Australie.
Reste à savoir à quel rythme ces différents chantiers se traduiront en facturations concrètes. C’est précisément sur la conversion des accords-cadres en commandes fermes que se jouera la prochaine étape du dossier.
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