Après une fin d’année 2025 mouvementée, le spécialiste de la lutte anti-drones DroneShield affiche un carnet de commandes robuste. L’annonce de deux importants contrats militaires en décembre a redonné de l’élan à l’action, compensant partiellement l’impact des ventes d’insiders observé en novembre. La trajectoire de l’entreprise, qui mise également sur des réformes de gouvernance, dépendra de sa capacité à convertir son pipeline substantiel en revenus réels dans les prochaines années.
Un carnet de commandes qui se concrétise
Le paysage contractuel de DroneShield s’est notablement étoffé en l’espace d’une semaine. Le dernier contrat en date, annoncé ce jour, provient d’un client militaire final de la région Asie-Pacifique et représente une valeur de 6,2 millions de dollars US. La transaction a été conclue via un revendeur local, lui-même filiale à 100% d’un groupe coté mondial dont le chiffre d’affaires se compte en milliards. La livraison et le paiement sont prévus pour 2026. Il s’agit du quinzième ordre individuel passé par ce même distributeur depuis deux ans, portant le volume cumulé à plus de 48 millions de dollars.
Peu avant, l’entreprise avait dévoilé la seconde plus grosse commande de son histoire : un accord de 49,6 millions de dollars US avec un client militaire européen. Ce contrat inclut des systèmes portables de neutralisation de drones, des accessoires et des mises à jour logicielles, avec une livraison planifiée pour le premier trimestre 2026.
Points clés des récentes annonces :
* Contrat européen de 49,6 M$ US, livraison anticipée au T1 2026.
* Contrat Asie-Pacifique de 6,2 M$ US, paiement attendu en 2026.
* Pipeline commercial d’environ 2,5 milliards de dollars US de contrats potentiels.
* 24% des ventes matérielles prévues pour 2026 sont déjà couvertes par des contrats signés.
Gouvernance et volatilité boursière
Cette dynamique commerciale positive contraste avec la période de turbulence qu’a traversée le titre en novembre. Le cours avait alors chuté de jusqu’à 48% après que le PDG Oleg Vornik, le président Peter James et l’administrateur Jethro Marks eurent cédé pour environ 70 millions de dollars australiens d’actions en l’espace de six jours.
Pour restaurer la confiance, DroneShield a dévoilé le 22 décembre une série de mesures de gouvernance, suite à un audit indépendant. La pierre angulaire de cette réforme est l’instauration d’un seuil minimal de détaction obligatoire pour la direction :
* Le PDG devra détenir, dans un délai de 12 mois, des actions d’une valeur équivalente à 200% de sa rémunération annuelle.
* Tous les administrateurs devront détenir, sous trois ans, des actions d’un montant égal à leur rémunération de base annuelle.
Cette annonce a provoqué une hausse immédiate de 9% du cours, portant l’action à son plus haut niveau depuis plus d’un mois.
Les analystes anticipent un tournant en 2026
La maison de courtage Bell Potter Securities maintient sa recommandation « Acheter » avec un objectif de cours de 4,40 dollars australiens, impliquant un potentiel de hausse d’environ 47% par rapport aux derniers cours. Son analyste, Baxter Kirk, identifie l’année 2026 comme un point d’inflexion pour l’industrie mondiale de la lutte anti-drones.
Le courtier anticipe que des contrats significatifs, issus du pipeline de 2,5 milliards de dollars US, se matérialiseront dans les trois à six prochains mois, au moment où les budgets de défense seront finalisés pour l’exercice 2026. Pour cette année charnière, Bell Potter prévoit un chiffre d’affaires matériel de 271 millions de dollars australiens, dont 24% sont déjà garantis par des contrats existants.
Données boursières actuelles :
* Performance depuis janvier : environ +300%.
* Fourchette sur 52 semaines : 0,58 – 6,70 dollars australiens.
* Capitalisation boursière : environ 2,3 milliards de dollars australiens.
* Chiffre d’affaires du T3 2025 : 92,9 millions de dollars australiens (un trimestre record).
Une position unique sur un marché de niche
DroneShield se distingue comme la seule société cotée dont l’activité est exclusivement consacrée au secteur Counter-UAS (systèmes anti-drones). Ses produits phares, le DroneGun Mk4 et le RfPatrol Mk2, sont présentés comme les seules solutions portables homologuées par l’US Air Force (USAF) et répondant à ses exigences techniques (MAJCOM).
L’entreprise mise sur un avantage concurrentiel fondé sur la R&D et l’expérience opérationnelle, notamment acquise dans le contexte du conflit en Ukraine. Bell Potter note que DroneShield publie plus d’offres d’emploi dans les domaines de la R&D et de l’ingénierie que ses concurrents, y compris des acteurs plus importants comme BlueHalo.
Les analystes reconnaissent qu’un éventuel accord de paix en Ukraine pourrait peser à court terme sur le sentiment des investisseurs. Toutefois, cela ne modifie pas leurs prévisions, qui s’appuient sur la rhétorique actuelle concernant les budgets de défense globaux et la nature structurelle de la menace drone.
Expansion des logiciels et des capacités de production
Au-delà du matériel, l’activité logicielle affiche une croissance exponentielle. Au troisième trimestre 2025, les revenus récurrents SaaS ont progressé de 400% en glissement annuel. DroneShield a également lancé SentryCiv, une plateforme par abonnement destinée au marché civil, conçue pour contribuer positivement à la trésorerie dès son introduction.
Par ailleurs, l’entreprise a franchi le cap des 200 millions de dollars australiens de « cash receipts » cumulés sur 12 mois, un seuil qui a déclenché la levée d’options de performance pour la direction.
Pour soutenir cette croissance, DroneShield prévoit d’étendre ses capacités de production. Un nouveau site de 3 000 m² est en construction à Sydney, et l’ouverture d’unités supplémentaires en Europe et aux États-Unis est à l’étude.
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