Le dossier La Française de l’Energie reste plombé par la révélation, le 6 octobre, d’une couverture excédentaire sur son portefeuille gazier. Après une semaine noire, l’action a brièvement repris son souffle avant de rechuter, signe que la défiance persiste.
Vendredi, le titre a grappillé 2,2 % pour clôturer à 14,96 euros, sans qu’aucun élément nouveau n’explique ce rebond technique. La respiration aura été de courte durée : dès le lundi suivant, le cours lâchait 4,0 % pour retomber à 14,36 euros. Sur sept séances, la contraction atteint ainsi 18 %, un décrochage qui traduit moins un jugement sur les fondamentaux qu’une profonde incertitude quant à l’ampleur réelle des dégâts.
25,8 millions d’euros de pertes latentes
C’est bien le volet gazier qui cristallise les inquiétudes. La société a chiffré à 25,8 millions d’euros la perte non réalisée liée à la surcouverture de son portefeuille, à laquelle s’ajoute une perte réalisée de 7,6 millions d’euros, arrêtée au 30 septembre 2026. La direction s’est engagée à dénouer progressivement son exposition résiduelle et à renforcer sensiblement ses dispositifs de contrôle interne. Ces déboires financiers freinent directement les initiatives de croissance envisagées et contraignent le management à redéfinir le calendrier de ses objectifs stratégiques.
En parallèle, le groupe tente de sécuriser ses revenus dans l’électricité. Hors contrats d’obligation d’achat, La Française de l’Energie a verrouillé pour 2026 et 2027 des tarifs de vente supérieurs à 95 euros le mégawattheure. Une manière de mettre le segment électrique à l’abri des soubresauts des marchés et de limiter les répliques futures.
Un audit externe et une feuille de route à réécrire
Pour éclaircir les responsabilités, un audit indépendant a été lancé. Il doit passer au crible l’ensemble de la chaîne de contrôle interne et les activités de couverture. Ses conclusions sont attendues d’ici au 31 octobre 2026. Cette enquête externe doit permettre de comprendre comment une telle exposition a pu s’accumuler sans être détectée plus tôt.
Le calendrier boursier s’annonce chargé. Le 20 octobre, après la clôture, La Française de l’Energie publiera ses résultats annuels pour l’exercice 2026. Ce document sera scruté pour mesurer l’impact réel des pertes gazières sur les comptes et évaluer la solidité du bilan, au-delà de la couverture défaillante. Les investisseurs y chercheront aussi des indications sur la capacité du groupe à financer sa croissance malgré ce coup dur.
Viendra ensuite le rendez-vous de décembre. Lors de l’assemblée générale du 10 décembre 2026, la direction doit dévoiler sa stratégie révisée, avec un horizon étendu jusqu’en 2032. D’ici là, le titre devrait rester sous surveillance rapprochée. Le cabinet Oddo BHF a d’ailleurs ajusté son objectif de cours à 35 euros tout en maintenant sa recommandation à « Surperformance », signe que certains analystes continuent de croire au potentiel du dossier, à condition que la gouvernance tire les leçons de cet épisode.
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