Le choc est encore vif pour les investisseurs : en l’espace d’une semaine, la valeur de l’argent a dévissé de près de 40%. Suite à l’effondrement spectaculaire de février, le métal précieux tente aujourd’hui de trouver un plancher dans un contexte géopolitique tendu. Cette phase de stabilisation met en lumière un déséquilibre structurel majeur, appelé à marquer le marché pour les années à venir.
Un déficit structurel persistant
Au-delà des préoccupations conjoncturelles sur les taux d’intérêt, les fondamentaux physiques du marché offrent un solide soutien. Le secteur est en passe de connaître sa cinquième année consécutive de déficit. Sur la période 2021-2026, le manque cumulé devrait atteindre 820 millions d’onces. Un indicateur alarmant provient des stocks enregistrés à la COMEX, qui ont fondu de plus de 70% depuis 2020.
Cette tension sur l’offre est exacerbée par une demande industrielle robuste. À elle seule, l’industrie photovoltaïque consomme plus de 230 millions d’onces par an. Le développement de l’électromobilité, nécessitant jusqu’à 50 grammes d’argent par véhicule, ajoute à cette pression. La production mondiale peine à suivre, car environ 70% de l’argent est extrait comme sous-produit de l’exploitation d’autres métaux, limitant toute réaction rapide de l’offre.
Géopolitique et politique monétaire : un frein temporaire
Actuellement, le cours spot évolue autour de 85 dollars américains l’once fine. La fermeture de facto du détroit d’Hormus fait flamber les prix du pétrole, ravivant les craintes inflationnistes à l’échelle mondiale. Cette situation conduit les analystes à anticiper un statu quo de la Réserve fédérale américaine (Fed) lors de sa prochaine réunion. Les premières baisses de taux, désormais attendues pour septembre au plus tôt, soutiennent le dollar et contiennent pour l’instant toute appréciation rapide de l’argent.
Rappelons qu’à la fin janvier, le métal avait atteint un sommet historique au-dessus de 116 dollars, avant de corriger brutalement pour toucher un plancher à environ 71 dollars début février. Le marché semble désormais entrer dans une phase de consolidation.
Les institutions financières revoient leurs prévisions à la hausse
Cette rareté physique croissante oblige les grandes banques à réévaluer leurs scénarios. Malgré la volatilité extrême du premier trimestre, les perspectives restent positives :
- J.P. Morgan a relevé son objectif de prix moyen pour 2026, le portant de 56,30 à 81 dollars.
- Deutsche Bank anticipe quant à elle une possible progression vers les 100 dollars d’ici à la fin de l’année.
Les experts de Deutsche Bank soulignent un phénomène caractéristique : en phase avancée d’un marché haussier sur les métaux précieux, l’argent affiche souvent une dynamique plus vigoureuse que celle de l’or.
Pour qu’une reprise durable s’engage au-delà des niveaux actuels, des signaux monétaires clairs seront nécessaires. Tant que la Fed n’opérera pas un virage restrictif inattendu, le risque de baisse supplémentaire semble limité après la récente correction. Le déficit structurel non résolu de l’offre constitue un socle solide, capable d’amortir d’éventuels nouveaux replis du prix dans un avenir prévisible.
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