Le marché de l’argent vit un épisode de tension extrême, caractérisé par une envolée des cours, une demande physique record et des interventions réglementaires de plus en plus marquées. Dans ce contexte, la banque Citigroup publie l’une des prévisions les plus audacieuses de ces dernières années, alors que les stocks tangibles se font rares en Europe. Jusqu’où cette dynamique haussière peut-elle conduire ?
Une Pénurie Physique Sensible en Europe
La fièvre des marchés à terme se répercute directement sur le commerce physique, créant des tensions palpables. En Allemagne, la situation est particulièrement tendue.
La BayernLB observe que le nombre de demandes quotidiennes a doublé, atteignant environ 5 000. Chez le négociant Pro Aurum, le volume d’argent traité depuis le début de l’année a même triplé, mettant les chaînes logistiques sous pression.
Pour l’investisseur particulier, les conséquences sont concrètes :
– Délais d’attente : L’obtention de classiques lingots d’un kilo nécessite désormais une attente de 6 à 8 semaines.
– Ruptures de stock : Les pièces d’investissement populaires, telles que le « Philharmonique de Vienne » ou le « Kangourou » australien, sont soit en stock limité, soit totalement indisponibles chez de nombreux distributeurs.
Cet écart grandissant entre une demande soutenue pour l’argent physique et une offre contrainte illustre le découplage actuel entre le marché au comptant et le marché à terme.
Le Contexte Macroéconomique : Un Vent Porteur
Plusieurs facteurs macroéconomiques viennent attiser la flambée des prix. La Réserve fédérale américaine (Fed) a maintenu son taux directeur inchangé en janvier. Cette décision a pesé sur l’indice du dollar américain (DXY), qui a perdu environ 3 % sur les dernières séances, rendant les matières premières plus attractives pour les acheteurs hors zone dollar.
Parallèlement, l’escalade des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et dans les relations commerciales internationales, renforce l’attrait pour les actifs refuges. Il est notable que l’argent, pourtant très lié au cycle industriel, incorpore désormais une prime de risque significative, signe d’une aversion au risque prononcée chez de nombreux acteurs.
Les Régulateurs et Bourses Tentent de Refroidir les Ardeurs
La volatilité élevée, annualisée à près de 56 % sur une base de 30 jours, pousse les autorités de marché et les opérateurs boursiers à réagir vigoureusement.
- Suspension en Chine : Le plus grand fonds chinois dédié à l’argent (le fonds argent UBS) a suspendu ses transactions. Cette décision fait suite à un écart important entre le prix de marché du fonds et la valeur théorique de l’argent physique sous-jacent. Sa direction a explicitement mis en garde contre des pertes potentielles substantielles en cas de normalisation des prix.
- Contrôles à l’exportation : La Chine aurait classé l’argent comme ressource stratégique et imposé des restrictions à son exportation. Cette mesure réduit davantage l’offre globale, dans un contexte de demande industrielle déjà forte, portée par la photovoltaïque et la mobilité électrique.
- Hausse des appels de marge : La CME Group, qui opère la plus grande bourse de produits dérivés au monde, a réagi en augmentant significativement les exigences de marge pour les contrats futures sur l’argent. L’objectif est de freiner la spéculation excessivement financée par le crédit, sans effet calmant visible pour l’instant sur la dynamique des cours.
Ces interventions signalent que les mouvements de prix actuels ne sont plus perçus comme une simple volatilité de marché, mais bien comme une période de stress présentant un risque systémique accru.
L’Analyse de la Citigroup : Une Cible à 150 Dollars
Au cœur de cette rallye, la Citigroup a révisé en forte hausse ses anticipations le 28 janvier. Ses analystes estiment que le cours de l’argent pourrait atteindre 150 dollars américains l’once dans un horizon de trois mois.
Leur raisonnement s’appuie sur le ratio historique or/argent, qui compare le prix des deux métaux. Si ce ratio devait revenir autour de 32:1 – un niveau observé pour la dernière fois en 2011 – la banque juge même possible un cours avoisinant les 170 dollars l’once.
Dans sa récente étude, Citigroup décrit l’argent comme de « l’or sous stéroïdes », soulignant sa surperformance face au métal jaune, lequel a pourtant atteint un record aux alentours de 5 300 dollars l’once.
Quelques indicateurs clés résument la dynamique :
– Performance sur 30 jours : +47,57 %
– Dernier cours de clôture : 112,17 dollars l’once (également un nouveau plus haut sur 52 semaines)
Avec une progression de plus de 55 % depuis janvier et un cours évoluant plus de 40 % au-dessus de sa moyenne mobile sur 50 jours, le marché affiche une tendance haussière intacte mais clairement surchauffée. Un RSI à 62 indique une situation d’achat forte, sans être encore extrême.
Conclusion : Une Phase Décisive de Formation des Prix
L’argent traverse une phase exceptionnelle de formation des prix, où plusieurs forces convergent :
– une demande fondamentale robuste, tant industrielle que financière,
– un resserrement de l’offre lié aux contrôles à l’exportation,
– une spéculation accrue sur les marchés dérivés,
– des goulets d’étranglement évidents dans le commerce physique,
– et une politique monétaire accommodante dans un environnement géopolitique incertain.
Les objectifs de 150 à 170 dollars l’once avancés par la Citigroup sont directement liés à cette configuration et supposent une prolongation des tensions actuelles. Si la rallye parvient à se stabiliser sans correction brutale, les prochains mois pourraient constituer l’une des périodes les plus marquantes pour le marché de l’argent de la dernière décennie.
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