Le marché de l’argent traverse une phase de correction sévère, une situation paradoxale alors que les fondamentaux physiques n’ont jamais été aussi tendus. Les investisseurs désertent la place sous l’effet conjugué d’une politique monétaire restrictive et de mutations imprévues dans la demande industrielle. Même un déficit structurel profond de l’offre ne parvient pas, pour l’instant, à enrayer la chute des cours.
Un contexte macroéconomique défavorable
La pression immédiate vient principalement des États-Unis. Les rendements des obligations d’État à dix ans, à leur plus haut niveau depuis l’été dernier, offrent une alternative attractive et drainent les capitaux au détriment des actifs non productifs comme les métaux précieux. La Réserve fédérale (Fed) a clairement indiqué que des baisses de taux n’étaient pas à l’ordre du jour, certains acteurs du marché n’envisageant même un assouplissement qu’à l’horizon 2027. Ce vent contraire se lit dans les cotations : sur une semaine, l’once a perdu 14 % de sa valeur pour clôturer à 69,66 dollars américains.
Parallèlement, les piliers de la demande industrielle se recomposent. Le secteur photovoltaïque, historiquement un grand consommateur, réduit significativement ses besoins. Les principaux fabricants chinois de panneaux solaires substituent de plus en plus l’argent, devenu trop onéreux, par du cuivre bien moins cher. Le Silver Institute anticipe pour l’année en cours un recul de la demande industrielle à son plus bas niveau depuis quatre ans. La demande pour les véhicules électriques, elle, a progressé d’un cinquième grâce à l’utilisation accrue de capteurs, mais cette hausse est insuffisante pour compenser le retrait du segment solaire.
Une tension physique croissante, ignorée par les cours
Cette dynamique baissière est d’autant plus frappante qu’elle contraste violemment avec la réalité du marché physique. Celui-ci s’apprête à enregistrer en 2026 son sixième année consécutive de déficit. Depuis 2021, le manque global dépasse les 900 millions d’onces, tandis que la production minière, avec une croissance attendue de seulement 1 %, stagne. Une nouvelle menace de rationnement émerge de Chine, où de nouvelles règles d’exportation pourraient à l’avenir restreindre les ventes à l’étranger à quelques grands producteurs disposant de fonds propres solides.
Cette divergence persistante entre la faiblesse des prix et le resserrement physique oblige les analystes à revoir leurs modèles. Les experts de J.P. Morgan maintiennent, à moyen terme, un scénario optimiste et prévoient un prix moyen de 81 dollars l’once pour 2026. Pour atteindre cet objectif, le métal devra toutefois surmonter les pressions macroéconomiques actuelles et trouver un plancher technique sur les graphiques.
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