Malgré un cycle d’investissement historique porté par la remilitarisation en Europe et aux États-Unis, certaines actions de la défense ont subi de violentes corrections la semaine dernière. Les augmentations budgétaires massives, les engagements de l’OTAN et le programme européen SAFE stimulent la demande, mais n’immunisent pas les titres individuels contre les réajustements de marché. Un point sur cinq valeurs qui ont reculé, pour des raisons allant de résultats trimestriels décevants à des prises de bénéfices après de fortes hausses.
Kratos Defense : un méga-contrat spatial mais un cours en retrait
La semaine a pourtant été marquée par une annonce majeure pour Kratos Defense. L’entreprise a décroché un contrat de 446,8 millions de dollars avec l’U.S. Space Force pour la construction et l’exploitation du système au sol d’une nouvelle constellation de satellites d’alerte aux missiles en orbite terrestre moyenne. Cet accord ouvre un flux de revenus à long terme sur plusieurs années.
Pour l’exercice 2025, Kratos a affiché un chiffre d’affaires de 1,35 milliard de dollars et un bénéfice net de 22 millions de dollars. La direction vise un chiffre d’affaires entre 1,60 et 1,68 milliard de dollars pour 2026, soutenu par le projet de drone autonome Valkyrie et des investissements dans l’hypersonique.
Malgré cette nouvelle positive, l’action a cédé plus de 8 % vendredi pour clôturer à 73,30 €, soit environ 35 % sous son plus haut de l’année. Son ratio cours/bénéfice, proche de 700, reflète des anticipations de croissance déjà très intégrées dans le cours.
DroneShield : une percée stratégique en Europe
Le spécialiste australien de la lutte anti-drones, DroneShield, a franchi deux caps importants. Premièrement, il établit une ligne de production au sein de l’Union européenne, avec des premières livraisons attendues mi-2026, répondant directement à la demande du plan ReArm-Europe. Deuxièmement, un partenariat avec Robin Radar Systems améliore l’interopérabilité des radars pour la détection précise de petits aéronefs.
Ses résultats 2025 confirment la dynamique : le chiffre d’affaires a bondi de 276 % à 216,5 millions de dollars australiens, dégageant un premier petit bénéfice net. Un carnet de commandes potentiel de 2,3 milliards de dollars australiens alimente les perspectives. Le consensus analyste pointe un objectif de cours moyen de 5,10 dollars australiens.
Pourtant, l’action a chuté de près de 9 % vendredi à 2,31 €, en territoire de survente technique (RSI à 24,7). Elle se négocie ainsi plus de 36 % sous son plus haut sur un an, malgré une progression de plus de 260 % sur douze mois.
Hensoldt : un contrat clé pour sécuriser sa production radar
Le spécialiste allemand des capteurs a résolu un goulet d’étranglement critique via un accord d’approvisionnement à long terme. Le fabricant de semi-conducteurs européen UMS fournira 900 000 composants en nitrure de gallium (GaN) d’ici 2030. Ces pièces sont essentielles aux modules d’émission et de réception des radars modernes, comme la famille Spexer.
Cet accord intervient alors que des pénuries de composants ont freiné la réalisation du chiffre d’affaires au T4 2025. Le bénéfice net annuel est tombé à 89 millions d’euros (contre 108 millions un an plus tôt), malgré une explosion des nouvelles commandes de 62 % à 4,71 milliards d’euros. Le carnet de commandes s’élève à 8,83 milliards d’euros.
L’analyste de Jefferies, Chloe Lemarie, a récemment passé l’action à l’achat avec un objectif de 90 €. Le consensus (14 analystes) est à 91,14 €. Côtée à 75,30 € vendredi (-5% sur la journée), l’action se négocie environ 35 % sous son plus haut annuel.
Red Cat Holdings : croissance record mais déceptions boursières
Aucune valeur ne polarise autant que Red Cat Holdings. Son chiffre d’affaires du quatrième trimestre 2025 a explosé de près de 2 000 % pour atteindre 26,2 millions de dollars. Sur l’année, les revenus ont progressé de 161 % à 40,7 millions de dollars. Dans le même temps, la perte nette s’est creusée à 72,1 millions de dollars, et la perte par action de -0,17 dollar a déçu les attentes des analystes de 13 %.
La réaction du marché a été sévère. L’action a perdu plus de 10 % vendredi, à 11,70 €, cumulant une baisse hebdomadaire de près de 16 %. Sa valorisation, avec un ratio cours/chiffre d’affaires de 44,4, reste environ neuf fois supérieure à la moyenne sectorielle (4,9). La direction table sur un chiffre d’affaires 2026 dans la moitié haute d’une fourchette de 100 à 170 millions de dollars. Needham & Company a maintenu sa recommandation d’achat avec un objectif porté à 20 dollars.
MTU Aero Engines : des fondamentaux solides face à une correction persistante
Le motoriste allemand, pourtant le plus robuste financièrement du panel, enregistre la correction la plus marquée. L’action a perdu plus de 18 % depuis janvier et clôturait vendredi à 304,60 €, en recul de près de 24 % par rapport à son plus haut de février.
Ses résultats 2025 étaient pourtant solides : chiffre d’affaires ajusté de 8,7 milliards d’euros, EBIT de 1,35 milliard d’euros et bénéfice net de 968 millions d’euros. Le free cash flow a doublé à 378 millions d’euros. La direction propose une augmentation du dividende de 64 % à 3,60 € par action et vise un chiffre d’affaires 2026 entre 9,2 et 9,7 milliards d’euros. La division maintenance a connu une année record. Le carnet de commandes de 29,5 milliards de dollars assure une visibilité exceptionnelle. Des analystes chez Bernstein, Citi et DZ Bank ont réaffirmé leurs recommandations d’achat.
Dynamique sectorielle : un vent porteur structurel mais une discipline de valorisation requise
Les dépenses mondiales de défense pourraient dépasser les 3 600 milliards de dollars d’ici 2030. Une croissance sectorielle d’environ 5 % est attendue pour 2026. Les lacunes capacitives accumulées dans la défense aérienne, les munitions, les drones ou l’IA nécessitent des cycles d’investissement durables.
Les prochaines semaines apporteront des catalyseurs déterminants : la conversion du carnet de commandes potentiel en contrats fermes pour DroneShield, la preuve de l’impact opérationnel de l’accord GaN pour Hensoldt, ou le prochain bilan trimestriel de Red Cat le 13 mai. Kratos publiera ses résultats le 6 mai, et MTU lancera commercialement son moteur GTF Advantage.
La semaine passée a rappelé que même dans un secteur bénéficiant d’un fort vent arrière structurel, des valorisations exigeantes n’offrent aucune protection contre les corrections, surtout lorsqu’elles anticipent une perfection dans les résultats.
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