Le marché de l’argent est en pleine effervescence, affichant sa plus forte progression annuelle depuis près d’un demi-siècle. Avec un gain d’environ 170 % depuis le début de l’année et un prix ayant franchi pour la première fois la barre des 79 dollars l’once vendredi dernier, la dynamique actuelle rappelle, par son ampleur, la bulle spéculative des frères Hunt en 1979. Cependant, les fondamentaux sous-jacents sont radicalement différents, marqués par un déficit structurel de l’offre et une demande industrielle en forte expansion, une situation qui a poussé Elon Musk lui-même à exprimer son inquiétude.
Une alerte venue de la Silicon Valley
Sur le réseau social X, le PDG de Tesla a récemment publié un message laconique mais significatif : « Ce n’est pas bon. L’argent est nécessaire dans de nombreux processus industriels. » Cette intervention n’est pas anodine, car plus de 60 % de la demande mondiale provient effectivement du secteur industriel. Les panneaux solaires, les véhicules électriques, les centres de données pour l’intelligence artificielle et les puces électroniques de haute performance dépendent tous des propriétés uniques de ce métal, notamment de sa conductivité électrique exceptionnelle, qui le rend difficilement substituable.
Les chiffres clés de la tension actuelle :
- Niveau de prix historique : 79 dollars l’once atteints vendredi.
- Ratio or/argent : Il est tombé à 64:1, contre 104:1 en avril, signalant une surperformance de l’argent.
- Déficit structurel : Le marché enregistre son cinquième déficit annuel consécutif, avec un manque de 3 660 tonnes.
- Prochaine échéance : Des restrictions à l’exportation chinoises entreront en vigueur le 1er janvier 2026, menaçant de resserrer davantage l’offre.
Un déséquilibre offre-demande profond et durable
La racine du problème réside dans une offre incapable de suivre le rythme. Entre 70 et 75 % de la production mondiale d’argent est un sous-produit de l’extraction d’autres métaux, comme le cuivre ou le zinc, ce qui rend une augmentation rapide et ciblée de la production très difficile. Les réserves disponibles se contractent, comme en témoignent les stocks de la Shanghai Futures Exchange, tombés à 715 tonnes, leur plus bas niveau depuis juillet 2016. Par ailleurs, aucun nouveau projet minier d’envergure n’est attendu sur le marché avant 2027 au plus tôt.
Pour Tony Sycamore, analyste chez IG, nous assistons à l’émergence d’une « bulle générationnelle », alimentée par un « déséquilibre structurel grave entre l’offre et la demande, qui provoque une ruée vers le métal physique ».
Un contexte macroéconomique et géopolitique porteur
Plusieurs facteurs externes amplifient la pression sur les prix. La poursuite de l’assouplissement monétaire par la Réserve fédérale américaine, avec des taux d’intérêt plus bas, renforce l’attrait des actifs non productifs de revenus, comme les métaux précieux. Parallèlement, les tensions géopolitiques, qu’il s’agisse du blocage des pétroliers vénézuéliens par les États-Unis ou des activités militaires dans la Caraïbe, entretiennent un climat de risque favorable aux valeurs refuges.
Une autre menace pèse sur le marché : le département américain du Commerce examine si les importations de minéraux critiques, dont l’argent, constituent un risque pour la sécurité nationale. L’imposition potentielle de droits de douane ajouterait une surcharge aux prix.
Perspectives techniques : le cap des 100 dollars en ligne de mire
D’un point de vue graphique, l’argent a réalisé une percée majeure. Le niveau des 50 dollars, qui constituait une résistance infranchissable depuis 1980, a été pulvérisé en 2025, mettant fin à plus de quatre décennies de consolidation. Cette rupture technique ouvre la voie à une nouvelle hausse, avec le seuil psychologique de 100 dollars l’once désormais identifié comme l’objectif suivant par de nombreux analystes. À titre de comparaison, l’or n’a progressé « que » de 73 % sur la même période, pour s’établir autour de 4 530 dollars l’once.
Cette fièvre acheteuse s’est étendue à l’ensemble du groupe des métaux précieux. Le platine a ainsi bondi de plus de 10 % vendredi, à 2 507 dollars, affichant une hausse annuelle d’environ 172 %. Le palladium suit également la tendance. Tous profitent de la conjonction parfaite entre pénurie d’offre, demande industrielle robuste et incertitudes macroéconomiques.
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