Le marché de l’or vit un moment exceptionnel, avec des cours qui pulvérisent leurs records historiques. Cette poussée spectaculaire, qui entraîne dans son sillage l’argent et le platine, trouve ses racines dans un mélange explosif de tensions géopolitiques, de perspectives monétaires et d’une dynamique de fond soutenue par les banques centrales.
Un contexte géopolitique tendu qui alimente la demande
La récente flambée des prix a été déclenchée par une escalade significative dans la crise vénézuélienne. L’annonce d’un blocus maritime imposé par la marine américaine et de saisies de pétroliers a accru l’incertitude sur les marchés. Des experts de l’ONU ont d’ailleurs qualifié ces actions d’« agression illégale » mardi dernier.
Cette situation ravive les craintes d’une confrontation militaire directe et de perturbations sur le marché mondial de l’énergie, incitant les investisseurs à se tourner vers les valeurs refuges traditionnelles. L’or retrouve ainsi pleinement son rôle de protection face aux chocs géopolitiques.
Des performances qui éclipsent celles des actions
L’envolée ne se limite pas au métal jaune. L’ensemble du secteur des métaux précieux surclasse nettement la performance des marchés actions cette année, et ce malgré une santé boursière globalement solide.
Un panorama chiffré éloquent :
- L’or affiche une progression d’environ 70 % depuis le début de l’année, sa plus forte hausse depuis 46 ans.
- L’argent, coté à 72,70 dollars US, a établi un nouveau record absolu et a vu sa valeur augmenter de près de 150 % depuis janvier.
- Le platine se négocie au-dessus de 2 300 dollars US pour la première fois depuis 1987.
- Sur la même période, l’indice S&P 500 n’a progressé que d’environ 16 %.
Cette dynamique est confortée par des données macroéconomiques américaines robustes, avec une croissance du PIB de 4,3 % au troisième trimestre, dépassant les attentes (3,3 %). Si cela éloigne le spectre d’une récession immédiate, les risques inflationnistes et les débats sur l’orientation future de la politique monétaire restent bien présents.
Le soutien des banques centrales et la perspective de taux bas
Un élément structurel majeur réside dans l’action des banques centrales. Celles-ci ont porté leurs réserves d’or à un niveau inédit depuis vingt ans, représentant environ 20 % de leurs réserves totales. Cette demande institutionnelle soutenue constitue un socle solide pour le marché.
Parallèlement, malgré la vigueur de l’économie, les marchés anticipent désormais deux baisses de taux de la Réserve fédérale américaine d’ici 2026. Un environnement de taux d’intérêt plus bas réduit le coût d’opportunité de détenir des actifs non rémunérés comme l’or, ce qui soutient mécaniquement son prix.
D’un point de vue technique, la tendance haussière reste intacte. La clôture d’hier à 4 515 dollars US marque à la fois le plus haut sur 52 semaines et un niveau record historique, soit une hausse d’environ 14,5 % par rapport au plus bas de novembre à 3 941,30 dollars. L’indicateur RSI sur 14 jours, à 57,7, ne signale plus de surchauffe après la récente consolidation. La volatilité annualisée sur 30 jours se maintient à un niveau modéré de 10,4 %.
Certains acteurs du marché estiment qu’un retour vers la zone des 4 300 à 4 350 dollars US pourrait offrir une opportunité d’achat ou de renforcement de position dans le cadre d’un marché haussier plus large.
Une course aux armements qui ajoute une prime de risque durable
Au-delà de la crise vénézuélienne, un rapport du Pentagone met en lumière un facteur de tension géopolitique à plus long terme. Il révèle que la Chine développe significativement son arsenal nucléaire, avec plus de 100 missiles intercontinentaux déjà déployés dans de nouveaux silos. Le pays pourrait détenir plus de 1 000 têtes nucléaires d’ici 2030.
Cette expansion contraint les États-Unis à envisager une augmentation de leurs dépenses de défense à partir de 2026. Pour l’or, cette nouvelle donne se traduit par l’incorporation d’une prime de risque géopolitique qui semble vouloir s’installer dans la durée. Dans ce contexte, les cryptomonnaies comme le Bitcoin ont perdu en attractivité relative au profit du métal précieux, archétype de la valeur refuge.
Des objectifs de prix revus à la hausse pour 2026
Face à cette nouvelle configuration, les grandes institutions financières ont révisé leurs prévisions à la hausse.
- Goldman Sachs anticipe un cours de l’or à 4 900 dollars US l’once d’ici fin 2026.
- La Société Générale, dans ses projections, évoque même un potentiel à 5 000 dollars sur la même période.
Ces objectifs renforcent l’idée que la dynamique actuelle n’est pas une simple réaction éphémère à l’actualité, mais bien la manifestation d’un trend plus profond, alimenté par la convergence des politiques monétaires, de la demande des banques centrales et des incertitudes géopolitiques.
Conclusion : une rallye aux fondations multiples
La performance historique de l’or, avec près de 70 % de gains sur l’année, s’appuie sur plusieurs piliers solides : l’escalade au Venezuela, le cycle mondial de réarmement, les anticipations de baisse des taux et les achats structurels des banques centrales. Tant que les tensions géopolitiques et les attentes d’assouplissement monétaire persisteront, la probabilité reste élevée de voir cette prime de risque et les niveaux de prix actuels se maintenir.
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