Le marché de l’or traverse une phase de tension extrême, tiraillé entre des vents contraires monétaires et une demande physique inébranlable. Alors que les espoirs de détente de la Réserve fédérale s’évanouissent, les achats institutionnels construisent un plancher solide sous les cours, actuellement stabilisés autour de 4 793 dollars l’once.
L’inflation américaine, ravivée par la flambée des prix de l’énergie, redessine le paysage. En mars, les prix de l’essence aux États-Unis ont enregistré leur plus forte hausse mensuelle depuis 1967, bondissant de 21,2%. Cette poussée a propulsé l’inflation annuelle à 3,3%, éloignant considérablement la perspective d’une baisse des taux d’intérêt. Les outils du marché, comme le FedWatch Tool du CME Group, estiment désormais à près de 90% la probabilité que les taux restent inchangés en juin. Une hausse des coûts du crédit est même évoquée, avec une probabilité de 3,8% intégrée par les traders.
Dans ce contexte, les actifs sans rendement comme l’or subissent une pression naturelle. Le métal a ainsi reculé d’environ 7,5% sur un mois, s’éloignant de son record absolu de 5 450 dollars établi en janvier. La crainte d’une stagflation, ce mélange toxique de stagnation économique et d’inflation élevée, plane désormais sur les marchés.
Pourtant, cette faiblesse relative a déclenché un retour remarqué des investisseurs institutionnels. Le plus grand ETF or au monde, le SPDR Gold Shares (GLD), a vu ses réserves physiques remonter au-dessus de 1 052 tonnes. Ce mouvement marque un revirement significatif après un exode historique en mars, où les fonds nord-américains avaient subi un retrait de capitaux d’environ 13 milliards de dollars. Les acheteurs asiatiques, en Chine et en Inde, ont également profité de la correction pour renforcer leurs positions.
Le soutien le plus structurel provient incontestablement des banques centrales. Leur accumulation de réserves se poursuit sans relâche depuis 23 mois consécutifs. La Chine mène cette charge stratégique, annonçant en mars un 17e achat mensuel d’affilée, portant ses réserves officielles à 2 313 tonnes, soit 74,38 millions d’onces fines. Cette politique d’achat, motivée par une volonté de dédollarisation et de sécurisation d’actifs sans risque de contrepartie, retire une liquidité substantielle du marché. Une tendance qui devrait s’accentuer : 68% des banques centrales prévoient de rapatrier leurs stocks d’or sur leur territoire national, selon le World Gold Council.
La suite de la trajectoire du métal précieux dépendra des prochains indicateurs économiques. Un baril de pétrole maintenu au-dessus de 110 dollars, couplé à la robustesse du marché du travail américain, pourrait conforter la Fed dans sa position restrictive. Le prochain test majeur interviendra le 26 avril avec la publication de l’indice PCE, la mesure d’inflation privilégiée par la banque centrale américaine. Pour l’heure, la confluence du retour des flux ETF et de l’appétit vorace des institutions publiques forge un socle technique robuste pour le deuxième trimestre.
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