Le métal jaune affiche une résilience remarquable. Malgré une correction après son record historique début 2025 et une brève accalmie géopolitique, sa cotation hebdomadaire a progressé d’environ 1,6%, le portant aux alentours de 4 771 dollars l’once. Cette performance illustre la force des moteurs structurels qui soutiennent désormais le marché.
En première ligne, les banques centrales mènent une accumulation soutenue. Leur demande, estimée à environ 60 tonnes par mois, constitue un véritable ancrage. La stratégie de Pékin est particulièrement éloquente : la banque centrale chinoise a accru ses réserves de cinq tonnes supplémentaires en mars, marquant ainsi un dix-septième mois d’achats consécutifs. Cette tendance, partagée par des institutions en Pologne, République tchèque ou Ouzbékistan, traduit une volonté de diversification stratégique face au dollar américain. Le World Gold Council anticipe des acquisitions d’environ 850 tonnes pour l’année 2026, confirmant la nature pérenne de cette demande.
Les investisseurs institutionnels occidentaux emboîtent le pas. Les fonds cotés (ETF) dédiés à l’or ont intégré près de 500 tonnes depuis le début de l’année. En Chine, ces produits enregistrent également des entrées de capitaux massives, compensant une demande en bijouterie plus atone. Cette ruée vers l’or physique et papier s’explique par un contexte macroéconomique tendu. Les dernières données d’inflation américaine, à 3,3% en glissement annuel, sont venues rappeler la persistance des pressions sur les prix. Dans le même temps, les comptes-rendus de la Réserve fédérale suggèrent une approche prudente sur les taux d’intérêt, alimentant les craintes de dépréciation monétaire, ou « Debasement Trade », que cite Goldman Sachs.
L’environnement géopolitique, malgré des signaux ponctuels d’apaisement comme celui observé récemment entre les États-Unis et l’Iran, reste un facteur de soutien latent. Les tensions au Moyen-Orient continuent d’alimenter une demande de valeur refuge. Les prochains jours apporteront des éclairages cruciaux avec la publication des indices des prix à la production américains et du Beige Book de la Fed les 14 et 15 avril, susceptibles d’influencer la trajectoire du dollar et, par ricochet, celle de l’or.
Sur les graphiques, le métal précieux se heurte à un obstacle technique significatif autour de 4 840 dollars, un niveau qui fait office de résistance majeure. Une fermeture durable au-dessus de ce seuil ouvrirait la voie vers l’objectif psychologique de 5 000 dollars. En dessous, la zone de support solide se situe entre 4 650 et 4 700 dollars. Cette configuration technique place le marché à un carrefour.
La conviction des grands établissements financiers reste néanmoins forte. Goldman Sachs a révisé à la hausse sa prévision pour fin 2026, la portant à 5 400 dollars. Une vision encore plus audacieuse émane de JPMorgan, qui, s’appuyant sur la solidité des fondamentaux, envisage un objectif à 6 300 dollars pour l’exercice en cours. Ces anticipations reflètent la perception d’un actif dont le statut évolue, porté par une demande institutionnelle stratégique et un paysage économique incertain.
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