La pression ne faiblit pas sur le titre LVMH. En séance de mercredi, l’action du numéro un mondial du luxe a lâché 1,8 % pour s’établir à 390,70 euro, flirtant de très près avec son plancher de 52 semaines fixé à 390,00 euro. La veille, la même valeur avait déjà concédé 1,9 % pour clôturer à 390,20 euro. Depuis le 1er janvier, la contraction atteint 39 %, un recul qui ramène le groupe à son plus bas niveau boursier depuis 2020, selon Bloomberg. Conséquence directe de cette érosion : Bernard Arnault, fondateur et PDG, ne figure plus parmi les dix plus grandes fortunes mondiales.
Un plancher technique décisif
Le niveau de 390,00 euro cristallise désormais toutes les attentions. Sa défense en clôture quotidienne conditionnerait la possibilité d’une stabilisation vers les objectifs que les analystes situent entre 475 et 490 euro. À l’inverse, une rupture durable de ce support validerait techniquement la tendance baissière et pourrait déclencher une nouvelle vague de ventes, avec un risque d’extension vers des niveaux observés lors d’exercices antérieurs. Les investisseurs déjà positionnés comme ceux qui envisagent une entrée doivent donc trancher : ce palier constitue-t-il une assise solide ou une simple étape avant une dégradation supplémentaire ?
Les bureaux d’analyse revoient leurs copies
Le mois de septembre a été marqué par une salve d’abaissements. Le 22 septembre, RBC Capital Markets a dégradé sa recommandation, passant de « Outperform » à « Sector Perform » (ou « In-Line » selon la terminologie retenue), tout en ramenant son objectif de cours de 575 à 475 euro. Le même jour, Jefferies a réduit sa cible de 510 à 440 euro, maintenant sa position à « Neutral ». En amont, le 9 septembre, HSBC avait déjà abandonné son avis « Buy » pour « Hold », avec un objectif revu de 600 à 490 euro. Ces deux derniers ajustements traduisent un potentiel de hausse désormais limité et douchent les espoirs d’un retournement rapide.
Les motifs avancés par RBC sont multiples : environnement macroéconomique affaibli, demande de luxe atone qui pourrait perdurer jusqu’à l’exercice 2027, tensions géopolitiques au Proche-Orient, renchérissement du pétrole, volatilité des marchés et resserrement monétaire.
Réorganisation du capital et rachats d’actions
En parallèle de ces turbulences boursières, LVMH poursuit la restructuration de son actionnariat. Le 23 septembre, la famille Arnault a soumis une proposition visant à consolider sa structure faîtière par une série de fusions successives. À l’issue de l’opération, l’entité cotée Christian Dior détiendrait directement 49,76 % du capital de LVMH et 65,55 % des droits de vote. Le projet demeure subordonné à l’obtention d’autorisations réglementaires et de dérogations de la part des autorités de tutelle.
Par ailleurs, le groupe a déclaré le 22 septembre à l’Autorité des marchés financiers (AMF) des transactions sur ses propres titres, réalisées entre le 21 et le 25 septembre. Le volume concerné n’a pas été précisé dans la publication. Ces mouvements témoignent d’une gestion active de la structure de capital dans un contexte délicat.
Investissements industriels et montée en gamme
Face à ce tableau morose, le groupe continue d’étoffer son outil de production et son offre haut de gamme. Le 18 septembre, sa filiale Loro Piana a inauguré un nouveau site de production de maille à Ghemme, en Italie, renforçant ainsi ses capacités industrielles sur le segment le plus rentable. Le 28 septembre, toujours à l’occasion de la Fashion Week, la même maison a présenté sa collection printemps-été 2027 au Palazzo di Brera, tandis que Fendi dévoilait la sienne le 25 septembre.
Sur le front des spiritueux, Glenmorangie a levé le voile le 24 septembre sur un single malt de 50 ans d’âge, limité à 149 carafes en porcelaine, commercialisé via l’équipe clients privés de Moët Hennessy. Cette stratégie d’exclusivité vise une clientèle fortunée. En parallèle, le groupe a cédé le 10 août une participation majoritaire dans sa marque de whisky SirDavis à l’artiste Beyoncé, signe que le portefeuille de participations fait l’objet d’un examen sélectif.
Engagements sociétaux et rayonnement des maisons
LVMH a également annoncé le 21 septembre un partenariat avec Bpifrance dans le cadre du programme LIFE 360 Business Partners, destiné à accompagner les PME françaises dans leur adaptation au changement climatique. Le 24 septembre, une nouvelle session de réservation a été ouverte pour les Journées Particulières, les journées portes ouvertes du groupe. Enfin, six établissements de la division Belmond ont été distingués le 23 septembre parmi les meilleurs hôtels du monde.
Des catalyseurs à venir
La prochaine échéance pour les opérateurs réside dans l’interprétation par le marché des données de transactions déclarées à l’AMF, ainsi que dans l’accueil réservé aux extensions de capacités industrielles des maisons du groupe. Si les objectifs revus à la baisse par HSBC et RBC devaient dessiner le nouveau couloir de valorisation, les moteurs d’une reprise durable font pour l’heure défaut, et le risque d’une cassure du plancher annuel reste entier.
Publicité
Actions LVMH: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de LVMH et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de LVMH entièrement gratuite : En savoir plus ici !

