Le géant mondial du luxe, LVMH, opère actuellement des ajustements majeurs au sein de son empire pour répondre à un ralentissement persistant dans le segment premium. Cette double manœuvre, qui touche à la fois un retrait ciblé et un changement de direction historique, intervient dans un contexte de pression sur ses parts de marché.
Un recentrage nécessaire face à des résultats en baisse
La décision de restructurer n’est pas anodine. Pour l’exercice écoulé, LVMH a enregistré un recul de son chiffre d’affaires, tombé à 80,8 milliards d’euros, accompagné d’une érosion de ses bénéfices. Un point sensible pour le groupe français : sa croissance organique a nettement décroché par rapport à des concurrents directs comme Richemont et Hermès. Cette sous-performance est largement attribuée à la volatilité et à l’imprévisibilité de la demande en provenance de Chine.
La Bourse a sévèrement sanctionné cette perte de dynamisme. Vendredi, l’action LVMH a clôturé en baisse de 3,41%, à 476,60 euros. Ce repli porte la dépréciation depuis le début de l’année à un niveau significatif de 25,74% pour les actionnaires.
Abandon définitif du retail aéroportuaire déficitaire
Dans ce contexte, LVMH met un terme à une aventure coûteuse : le retail en zone aéroportuaire. Le groupe, par la voix de sa directrice financière Cécile Cabanis, a reconnu que sa filiale DFS lui a fait perdre plusieurs centaines de millions d’euros. La direction accélère donc son désengagement.
Cette stratégie de retrait, initiée en janvier par la cession des activités asiatiques de DFS, se poursuit résolument. Les concessions détenues dans les aéroports américains de Los Angeles et de San Francisco seront transférées à Duty Free Americas. Parallèlement, les sites situés à Hawaï fermeront leurs portes. La finalisation de ces cessions aux États-Unis, prévue pour le deuxième trimestre 2026, constituera une étape clé de ce nettoyage de portefeuille.
TAG Heuer tourne une page avec une nomination historique
Simultanément, LVMH réorganise la gouvernance de l’une de ses marques horlogères phares, TAG Heuer. À compter du 1er mai 2026, la direction sera confiée à Béatrice Goasglas. Cette nomination est historique : elle sera la première femme à diriger la manufacture en 166 ans d’existence.
Elle succédera à Antoine Pin, qui quitte ses fonctions de manière surprise après seulement un an à la tête de la marque. Béatrice Goasglas apporte avec elle une expertise digitale approfondie, acquise au sein de l’écosystème LVMH. Sa mission consistera notamment à capitaliser sur le partenariat en cours avec la Formule 1, un levier qui s’est déjà avéré précieux. En effet, lors d’une année 2025 difficile, TAG Heuer s’est révélée être le pilier le plus résilient du segment horloger du groupe, en grande partie grâce à cette stratégie de sponsoring.
Face aux défis du marché, la stratégie de LVMH est claire : se désengager des activités périphériques à faible marge, comme le retail aéroportuaire, pour se concentrer sur la valorisation et la profitabilité de ses marques cœur.
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