Le géant mondial du luxe poursuit méthodiquement le recentrage de ses activités, en se retirant par étapes du secteur du travel retail. Cette orientation se concrétise par la cession, prévue pour le deuxième trimestre 2026, des concessions de sa filiale DFS sur les aéroports américains de Los Angeles et San Francisco au groupe Duty Free Americas. Parallèlement, DFS met un terme à son implantation à Hawaï et clôturera, après plus d’un demi-siècle de présence, ses opérations à Guam. La dernière journée de vente sur ce territoire est fixée au 31 mars 2026.
Un contexte financier global tendu
Cette restructuration intervient dans une période complexe pour le groupe LVMH. Ses résultats annuels pour 2025 ont en effet affiché un recul, avec un chiffre d’affaires de 80,8 milliards d’euros, en baisse de 5% sur un an. Le résultat opérationnel a, quant à lui, diminué de 9%, s’établissant à 17,8 milliards d’euros. Sur le plan de la croissance organique, la performance de LVMH est restée en deçà de celle de ses principaux concurrents, tels que Richemont et Hermès.
L’action du groupe reflète cette morosité. Depuis le début de l’année, le titre a perdu approximativement 23% de sa valeur et se négocie avec un écart d’environ 24% par rapport à son plus haut sur 52 semaines, atteint à 652,80 euros. Sa position sous ses moyennes mobiles et un RSI proche de 31, signalant une situation de survente technique, illustrent cette faiblesse. La possibilité d’une stabilisation dépendra largement de l’évolution de la demande asiatique dans les prochains mois.
Les prochains rendez-vous financiers, dont l’assemblée générale du 23 avril et la distribution du solde de dividende pour 2025 fin avril, seront scrutés. Les chiffres du premier trimestre permettront notamment d’évaluer si les repositionnements stratégiques commencent à porter leurs fruits sur le cœur de métier, la mode et les maroquineries.
La rationalisation d’un segment en déclin
La décision de se désengager du travel retail s’explique par la détérioration structurelle de ce modèle économique. En 2025, le chiffre d’affaires de DFS s’élevait à 1,5 milliard d’euros, un niveau bien inférieur aux quelque 4 milliards de dollars générés avant la pandémie. La faiblesse persistante des dépenses des voyageurs chinois a durablement affecté la rentabilité du retail aéroportuaire. Après avoir enregistré des pertes se chiffrant en centaines de millions d’euros, DFS a certes retrouvé un point d’équilibre, mais le défi fondamental perdure : il s’agit d’une activité gourmande en capital évoluant sur des marchés en contraction.
Cette vente fait suite à celle confirmée en janvier dernier, portant sur les activités de DFS à Hong Kong et Macao au profit de China Tourism Group Duty Free. Le groupe LVMH avance ainsi, selon ses propres termes, « lentement mais sûrement » dans la cession de l’ensemble du segment DFS. La nouvelle stratégie privilégie désormais une présence mondiale des marques et des partenariats premium, à l’image de l’accord décennal avec la Formule 1 acté cette année. Ce type d’alliance permet de valoriser des marques emblématiques comme Louis Vuitton ou TAG Heuer dans le cadre d’événements sportifs internationaux, en lieu et place d’une dépendance à la clientèle de passage dans les aéroports.
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