Le géant des puces électroniques Nvidia, qui a récemment ravi le titre d’entreprise la plus valorisée au monde, voit son horizon assombri par des tensions géopolitiques croissantes. Alors que la demande pour l’infrastructure d’intelligence artificielle reste robuste, des décisions politiques en Chine et aux États-Unis introduisent une complexité inédite pour ses opérations. Les investisseurs s’interrogent désormais sur la capacité de la firme à maintenir son rythme de croissance face à ces interventions.
Un environnement commercial qui se durcit
La situation s’est récemment compliquée sur deux fronts. D’une part, les autorités douanières chinoises ont imposé un blocage à l’importation du processeur H200, une pièce maîtresse pour l’IA de haute performance. Ce coup d’arrêt a des conséquences immédiates : des fournisseurs en aval ont dû suspendre leur production, malgré une activité jusqu’alors ininterrompue pour honorer des livraisons prévues pour mars 2026.
Cette mesure affecte un volume d’affaires substantiel pour Nvidia, qui tablait sur plus d’un million de commandes émanant de clients basés en Chine. Parallèlement, Pékin mettrait en garde ses entreprises technologiques nationales contre l’achat de ces composants, sauf en cas de stricte nécessité.
D’autre part, l’administration américaine ajoute une couche de difficultés. L’ancien président Donald Trump a instauré des droits de douane de 25% sur certains chips d’IA, incluant le H200 de Nvidia. Cette taxe s’applique car ces puces, fabriquées à Taïwan, transitent par les États-Unis pour des phases de test par des tiers avant livraison finale. Si les analystes de Wolfe Research estiment que ces tarifs constituent davantage un mécanisme financier qu’une menace existentielle pour le modèle économique, ils alourdissent indiscutablement la logistique et les coûts.
Des fondamentaux solides et une valorisation en retrait
Curieusement, ces turbulences politiques contrastent avec la santé opérationnelle exceptionnelle du groupe. Au troisième trimestre, Nvidia a enregistré une progression de son chiffre d’affaires de 62%. Le segment des centres de données, à lui seul, a généré plus de 51 milliards de dollars de revenus.
Pourtant, cette domination du marché ne se reflète pas dans sa valorisation boursière. Avec un ratio cours/bénéfice inférieur à 25, l’action se négocie à son niveau le plus bas depuis plus d’un an. Le marché semble ainsi évaluer Nvidia comme une entreprise d’infrastructure mature, plutôt que comme une valeur de croissance technologique effrénée.
Malgré une volatilité accrue liée à l’actualité, le titre, coté à 186,25 dollars, reste proche de son plus haut de l’année à 190,53 dollars.
L’échéance du 25 février 2026
Le prochain point d’étape crucial interviendra le 25 février 2026, date à laquelle Nvidia publiera ses résultats trimestriels. Ils permettront de mesurer l’impact concret de ces obstacles politiques sur sa performance.
Les prévisions de Wall Street pour l’exercice 2026 demeurent, pour l’instant, extrêmement optimistes. Les analystes anticipent toujours des revenus colossaux, compris entre 320 et 330 milliards de dollars, pour le seul segment des centres de données. La résilience du modèle face aux vents contraires politiques sera alors clairement quantifiée.
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