Le géant des puces graphiques affiche une santé financière insolente, avec un chiffre d’affaires du quatrième trimestre 2026 en hausse de 73,2% à 68,13 milliards de dollars. Le bénéfice par action, à 1,62 dollar, a même dépassé les attentes des analystes. Cette performance s’appuie sur une marge nette robuste de 53%, confirmant la rentabilité exceptionnelle de son modèle. Pourtant, l’action, qui a récemment enchaîné huit séances de hausse consécutives pour un gain d’environ 14%, évolue toujours à près de 11% sous son plus haut récent, signe que le marché a déjà intégré une grande partie de cette excellence.
Une expansion stratégique et des partenariats clés
La stratégie de Nvidia ne se limite pas à la vente de semi-conducteurs. L’entreprise investit massivement pour consolider son écosystème. Fin mars 2026, elle a ainsi injecté 2 milliards de dollars dans Marvell Technology. L’objectif est d’intégrer les technologies optiques et les puces spécialisées de Marvell dans sa propre plateforme NVLink Fusion, un élément crucial pour gérer les flux de données dans les centres de données de nouvelle génération. Cette annonce a propulsé le titre de près de 9%.
Parallèlement, l’investissement de 10 milliards de dollars dans Anthropic porte ses fruits. Début avril, le partenaire en intelligence artificielle a annoncé avoir plus que triplé son chiffre d’affaires annualisé, le portant à 30 milliards de dollars. Nvidia fournit à Anthropic environ un gigawatt de capacité de calcul via ses plateformes Grace-Blackwell et la future Vera Rubin.
Le casse-tête chinois et les défis logistiques
Malgré cette dynamique, une ombre plane sur les perspectives : le marché chinois. Historiquement source d’environ 13% du chiffre d’affaires total, les ventes de puces haut de gamme comme les H20 y sont actuellement bloquées par des restrictions réglementaires. Le directeur général Jensen Huang a indiqué qu’un assouplissement possible dans la seconde moitié de l’année pourrait agir comme un catalyseur significatif, d’autant que les prévisions actuelles pour le premier trimestre 2027, tablant sur environ 78 milliards de dollars de revenus, excluent toute contribution du segment data center en Chine.
Huang a également pointé un risque géopolitique structurel, notant que les chercheurs chinois représentent près de la moitié des talents mondiaux en IA et détiennent environ 70% des brevets déposés dans ce domaine ces dernières années. Le défi à moyen terme est double : sécuriser la reprise des exportations vers la Chine et gérer les contraintes logistiques, notamment les goulots d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement et la capacité énergétique nécessaire à l’expansion planifiée de 23 gigawatts de ses infrastructures data center mondiales.
Les flux contrastés des investisseurs
La confiance des acteurs institutionnels est mitigée. D’un côté, des gestionnaires comme Fortitude Family Office LLC ont augmenté leur position de 22,1% au dernier trimestre, portant leur détention à 20 447 actions pour une valeur d’environ 3,8 millions de dollars. Chez Moody Lynn & Lieberson, Nvidia représente désormais 6,4% du portefeuille, devenant la deuxième plus grande ligne. À l’inverse, Gunderson Capital Management a réduit son exposition de 42,3% au quatrième trimestre 2025.
Les transactions d’initiés ajoutent une note de prudence. Sur les 90 derniers jours, les dirigeants ont cédé pour environ 216 millions de dollars d’actions, soit l’équivalent net de 1,2 million de titres. Ces ventes, bien que courantes pour une société de cette taille, sont scrutées par le marché.
La vision à un billion de dollars
L’horizon technologique reste audacieux. Le lancement de la plateforme « Vera Rubin » est prévu pour la seconde moitié de 2026. Jensen Huang estime que les architectures Blackwell et Vera Rubin pourraient générer ensemble jusqu’à 1 000 milliards de dollars de revenus d’ici 2027, un scénario qu’il associe à un « point d’inflexion agentique » de l’IA. L’entreprise étend aussi son influence dans la robotique, dévoilant des avancées en « Physical AI » lors de la National Robotics Week et collaborant avec des industriels comme Boston Dynamics et Caterpillar.
Le consensus analyste maintient une recommandation « Acheter », avec un objectif de cours moyen de 275,25 dollars. Cela implique un potentiel de hausse d’environ 40 à 50% par rapport aux niveaux actuels, un écart qui résume le dilemme des investisseurs : croire à la vision trillionaire ou s’inquiéter des vents contraires géopolitiques et logistiques.
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