Alors que le géant des puces pour l’intelligence artificielle vient de publier des résultats financiers historiques, l’attention des investisseurs se tourne déjà vers l’horizon. Le prochain événement majeur, la conférence GPU Technology Conference (GTC) de mars 2026, pourrait en effet redéfinir les perspectives du secteur. La question centrale : Nvidia parviendra-t-il à présenter une vision convaincante de sa prochaine phase de croissance, au-delà de la simple puissance matérielle ?
Un exercice 2026 exceptionnel, porté par les data centers
Nvidia a clôturé son exercice fiscal 2026 sur des performances spectaculaires. Le chiffre d’affaires annuel a atteint 215,9 milliards de dollars, en progression de 65%. Le quatrième trimestre (clos le 25 janvier 2026) a contribué à cette dynamique avec un revenu de 68,1 milliards de dollars, soit une hausse de 20% sur trois mois et de 73% sur un an.
La rentabilité demeure un point fort remarquable. La société affiche pour l’exercice une marge brute de 71%, une marge opérationnelle de 60,6% et une marge nette de 55,6%. Le bénéfice net s’est établi à 120,1 milliards de dollars.
Sans surprise, l’activité Data Center reste le moteur exclusif de cette croissance. Son chiffre d’affaires pour l’exercice 2026 a été de 193,7 milliards de dollars, une envolée comparée aux 15 milliards de dollars de l’exercice 2023. La génération de processeurs Blackwell y joue un rôle central. Certains risques sont néanmoins pointés, comme les tensions géopolitiques concernant la Chine ou la possible volatilité des budgets d’investissement des grands fournisseurs de cloud. À court terme, cependant, le déséquilibre persistant entre l’offre et la demande offre une visibilité élevée.
Perspectives : un premier trimestre 2027 solide, avec un potentiel chinois ignoré
Pour le trimestre en cours (Q1 de l’exercice 2027), la direction anticipe un chiffre d’affaires d’environ 78,0 milliards de dollars (plus ou moins 2%). La marge brute devrait se situer autour de 74,9% selon les normes GAAP, et 75,0% en non-GAAP, avec une marge d’erreur de 50 points de base.
Un détail de cette prévision retient l’attention : Nvidia n’intègre actuellement aucune vente de produits de calcul Data Center destinés au marché chinois. Toute amélioration future des conditions d’exportation ou du cadre réglementaire pourrait donc constituer un levier de croissance supplémentaire, non pris en compte dans les prévisions officielles.
La GTC 2026, scène de la révolution Vera Rubin
Tous les regards se braquent désormais sur la GPU Technology Conference, qui se tiendra du 16 au 19 mars à San Jose. Jensen Huang, le PDG, prononcera le discours d’ouverture le 16 mars. L’événement, qui attend plus de 30 000 participants et 1 000 sessions, inclura une séance de questions-réponses dédiée aux investisseurs le 17 mars.
La tonalité de cette édition devrait évoluer. Moins de spécifications techniques pures, davantage d’emphasis sur la monétisation de l’« IA agentique » et sur l’exploitation pratique des « usines à IA ». L’architecture Vera Rubin sera la star de la conférence. Les analystes y voient le prochain bond en avant en termes d’efficacité pour l’inférence. Les premiers échantillons seraient déjà entre les mains de clients sélectionnés, pour une production à grande échelle prévue au second semestre 2026. Son argument principal : une performance par watt bien supérieure à celle de Blackwell, un atail décisif alors que les data centers se heurtent à des limites en matière d’alimentation électrique et de refroidissement.
D’autres annonces sont attendues, concernant notamment les puces « Feynman » pour l’IA avancée et le calcul haute performance, des mises à jour de la gamme Rubin, ainsi qu’une nouvelle puce CPU pour le marché des PC. L’enjeu pour Nvidia sera de préciser sa feuille de route plateforme et de répondre aux inquiétudes sur ses parts de marché.
Un soutien analyste face à des vents contraires réglementaires
Du côté des analystes, Morgan Stanley apporte son soutien. Joseph Moore replace Nvidia en tête de ses valeurs semiconductrices préférées, détrônant Micron. Son raisonnement ne repose pas sur les spécifications des puces, mais sur l’avantage « full-stack » : l’écosystème logiciel CUDA, les interconnexions NVLink et les systèmes complets créent des coûts de changement qui protègent Nvidia, même face à du matériel concurrent potentiellement supérieur.
Le contexte n’est pourtant pas sans nuages. Les projets de renforcement des contrôles à l’exportation américains sur les puces IA avancées pèsent sur le secteur, de même qu’un sentiment de marché globalement moins dynamique. S’ajoutent des interrogations sur la soutenabilité des niveaux d’investissement actuels en IA et sur la capacité de la croissance à suivre le rythme des dépenses. Les valorisations élevées tempèrent également l’appétit pour le risque sur les actions du secteur, malgré une demande toujours robuste.
Vendredi, l’action Nvidia clôturait à 153,20 euros, en baisse de 3,03% – un recul qui reflète ce mélange de craintes réglementaires et de débats sur la valorisation.
À noter dans les agendas : Le prochain versement du dividende trimestriel (0,01 dollar par action) est prévu le 1er avril 2026, avec une date de détachement au 11 mars. Dès le 16 mars, la GTC fournira les premiers signaux concrets sur le calendrier de Vera Rubin et sur la stratégie de Nvidia pour monétiser les usines à IA et les applications d’IA agentique.
Publicité
Actions Nvidia: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Nvidia et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Nvidia entièrement gratuite : En savoir plus ici !

