Alors que Nvidia publie des résultats historiques, le géant des semi-conducteurs opère un virage stratégique majeur en se retirant progressivement du marché chinois. Cette décision, loin d’être contradictoire, vise à réallouer des ressources précieuses vers sa future plateforme phare, Vera Rubin. L’événement clé à venir, la conférence GTC de mars, devrait préciser les contours de cette nouvelle ère.
Un exercice 2026 historique : 215,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires
L’exercice fiscal 2026 s’est clos sur une performance exceptionnelle pour Nvidia. Sur l’ensemble de l’année, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 215,9 milliards de dollars, en hausse de 65%. Le quatrième trimestre a contribué à cette dynamique avec 68,1 milliards de dollars de revenus, soit une progression de 73% sur un an et de 20% par rapport au trimestre précédent.
La rentabilité a suivi la même courbe ascendante. La marge brute a gagné deux points de pourcentage, tandis que le bénéfice ajusté par action a bondi de 82% pour atteindre 1,62 dollar. Pour le premier trimestre de l’exercice 2027 en cours, les dirigeants anticipent un chiffre d’affaires d’environ 78 milliards de dollars. Il est à noter que cette prévision n’intègre aucun revenu provenant de la vente de puces pour centres de données à destination de la Chine.
Le retrait de Chine : une réallocation forcée vers l’innovation
Une décision récente illustre ce repositionnement : Nvidia a interrompu la production de sa puce H200 pour le marché chinois. Selon le Financial Times, les capacités de production chez le fondeur TSMC ont été réaffectées au développement de la future plateforme Vera Rubin.
Cette mesure fait suite à des contraintes réglementaires américaines. Bien qu’une autorisation de vente générale pour la Chine ait été accordée en janvier, les contrôles à l’exportation de technologies semi-conductrices avancées rendent les livraisons effectives impossibles. Les commandes annulées étaient colossales : les entreprises technologiques chinoises auraient précommandé plus de deux millions d’unités pour 2026. Au prix estimé de 27 000 dollars l’unité, cela représentait un potentiel de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Bytedance, par exemple, aurait envisagé un investissement de 13,8 milliards de dollars. Aucune puce H200 n’a finalement été vendue.
Face à cette situation, Nvidia adopte une posture pragmatique. Environ 250 000 unités H200 déjà fabriquées sont conservées en stock au cas où la réglementation évoluerait. Les lignes de production libérées sont entièrement dédiées à Vera Rubin, une architecture dont la puissance est annoncée comme étant 22 fois supérieure à celle des puces actuellement autorisées en Chine, et qui est de toute façon soumise à des restrictions d’exportation.
Vera Rubin en production, la GTC en ligne de mire
La nouvelle architecture Vera Rubin est déjà en phase de production de série chez TSMC, utilisant une gravure en 3 nanomètres. Ses performances sont évaluées à environ 50 petaflops pour l’inférence, soit cinq fois celles de la génération Blackwell. Des géants du cloud comme AWS, Google Cloud, Microsoft et Oracle prévoient de déployer cette plateforme dès la seconde moitié de l’année 2026.
Jensen Huang, le PDG, a indiqué aux analystes s’attendre à une croissance trimestrielle successive des revenus tout au long de 2026. Il a par ailleurs révélé que le carnet de commandes pour les plateformes Blackwell et Rubin s’élevait à 500 milliards de dollars, un chiffre qu’il juge aujourd’hui probablement trop prudent.
Tous les regards se tournent désormais vers la conférence GTC (GPU Technology Conference) qui se tiendra du 16 au 19 mars à San Jose. Plus de 30 000 participants de 190 pays sont attendus. Lors de son discours inaugural le 16 mars, Jensen Huang présentera de nouvelles conceptions de puces, incluant les puces Feynman pour l’IA avancée, des mises à jour sur la ligne Rubin, et une nouvelle puce CPU destinée au marché des PC.
Des fondamentaux solides face à une attente du marché
Sur les douze derniers mois, l’action Nvidia a progressé de 61%. Cependant, le titre a récemment éprouvé des difficultés à transformer ses excellents résultats trimestriels en une dynamique haussière soutenue, affichant même une tendance à la baisse après la publication des chiffres.
Le contexte structurel reste pourtant extrêmement porteur. Les grands fournisseurs de cloud, notamment Microsoft et Amazon, prévoient des dépenses d’investissement dépassant les 650 milliards de dollars pour 2026. Cette demande sous-jacente robuste conforte la visibilité de Nvidia et jette les bases de sa prochaine phase de croissance. La conférence de mars sera l’occasion pour l’entreprise de redéfinir son agenda dans l’infrastructure IA et, potentiellement, de retourner le sentiment du marché à l’aube de l’ère Vera Rubin.
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