L’envolée du prix du pétrole, qui a franchi les 114 dollars suite aux récentes escalades au Moyen-Orient, offre un contexte paradoxal pour TotalEnergies. Le groupe, contraint d’évacuer du personnel de ses sites irakiens, voit les risques opérationnels se multiplier malgré un environnement de cours porteur. La question de la résilience de sa stratégie, entre hydrocarbures et énergies renouvelables, se pose avec acuité.
Une stratégie verte qui prend son envol
Dans un climat pourtant troublé, TotalEnergies poursuit activement sa transition énergétique. Le 4 mars dernier, en Irak justement, la première unité pilote de 61 mégawatts d’un vaste projet solaire d’1 gigawatt a été mise en service. Cette avancée concrète sur le terrain s’ajoute à la dynamique créée par la signature, en février, de contrats d’approvisionnement avec Google aux États-Unis, où le groupe a également sécurisé des capacités de production de l’ordre du gigawatt.
Par ailleurs, des nouvelles encourageantes proviennent du Nigeria. La filiale locale a publié samedi ses prévisions pour le deuxième trimestre 2026, anticipant un bénéfice avant impôts d’environ 1,3 milliard de nairas. Ce chiffre marque un net rebond par rapport aux pertes enregistrées l’année précédente, apportant une bouffée d’oxygène opérationnelle.
Le défi sécuritaire en Irak pèse sur les opérations
L’accentuation du conflit impliquant une alliance américano-israélienne et l’Iran a eu un impact immédiat sur les flux pétroliers, bloquant pratiquement le détroit d’Ormuz. Ce passage crucial, par lequel transite près de 20% de la demande mondiale, a provoqué un bond du Brent dépassant les 20% en début de semaine. Si cette flambée des cours améliore mécaniquement les marges de l’activité amont de TotalEnergies, le revers de la médaille est sévère.
Pour preuve, le groupe a dû organiser en urgence, ce week-end, l’évacuation de son personnel expatrié présent sur ses projets dans la région de Bassora. Face aux attaques de drones, les autorités locales ont formé dimanche une cellule de crise chargée de protéger les infrastructures énergétiques. Bien que la production des champs pétroliers se poursuive pour l’instant, l’extrême volatilité de la situation sécuritaire complique considérablement la planification à long terme des grands projets dans la zone.
Analyse technique et perspectives boursières
Pour l’instant, le marché semble digérer avec un certain sang-froid ce mélange de risques géopolitiques et de réalisations positives. Cotée à 67,81 euros à la clôture de lundi, l’action TotalEnergies évolue à proximité de son plus haut sur un an, établi à 69,77 euros. Avec une progression d’environ 20% depuis le début de l’année, le titre se positionne parmi les valeurs les plus performantes du secteur.
La suite immédiate dépendra largement de l’évolution de la situation en Irak. Une stabilisation sous l’égide de la cellule de crise de Bassora pourrait permettre au cours de repartir à l’assaut de ses records. En cas de dégradation et de prise de poids des inquiétudes géopolitiques, la moyenne mobile sur 50 jours, située à 61,19 euros, constituera un premier support technique important. La communication attendue mercredi prochain concernant la situation sécuritaire en Irak devrait donner le ton pour la tendance à court terme.
Publicité
Actions TotalEnergies SE: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de TotalEnergies SE et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de TotalEnergies SE entièrement gratuite : En savoir plus ici !

