Le titre TotalEnergies a cédé 2,6 % ce mercredi, une baisse qui doit tout au détachement de la première acompte sur dividende de l’exercice 2026, fixé à 0,90 euro par action. La valeur s’échangeait à 75,98 euros en cours de séance. Ce repli n’a donc rien à voir avec une quelconque mauvaise nouvelle opérationnelle : les investisseurs ont simplement retranché du cours le droit au versement en numéraire, un mécanisme purement technique qui ne modifie en rien la valeur détenue par les actionnaires.
La veille au soir, le groupe affichait encore 75,71 euros en préouverture, à 6,9 % sous son plus haut de 52 semaines de 81,36 euros. Sur l’ensemble de l’année écoulée, le dossier a néanmoins progressé de 34 %.
Des rachats d’actions revus à la hausse
C’est sur le terrain du retour aux actionnaires que la major tricolore frappe le plus fort. Pour le quatrième trimestre 2026, l’enveloppe consacrée au rachat d’actions passe de 1,5 milliard à 2,5 milliards de dollars. Et ce n’est qu’un début : au premier trimestre 2027, le groupe prévoit de racheter entre 2 et 2,5 milliards de dollars de ses propres titres. La politique de dividende, elle, table sur une croissance annuelle supérieure à 5 % jusqu’en 2030.
Cette générosité s’accompagne d’un cadrage précis des dépenses. Entre 2027 et 2032, les investissements nets annuels sont planifiés dans une fourchette de 14 à 17 milliards de dollars. Le management mise sur une double stratégie : rendre du capital aux actionnaires tout en finançant la croissance, notamment dans le gaz, appelé à soutenir le cash-flow et à accompagner la transition du mix énergétique mondial.
Deux feux verts majeurs dans le gaz
Pour étayer ses ambitions de production — une croissance moyenne de 4 % par an visée d’ici 2030 —, le groupe a validé deux projets d’envergure en l’espace de quelques jours.
Le 26 septembre, la décision finale d’investissement a été prise pour l’extension complète du champ gazier d’Absheron, en Azerbaïdjan. TotalEnergies y opère avec une participation de 35 %, aux côtés de SOCAR et XRG.
Trois jours plus tôt, le 23 septembre, c’était au tour du projet gazier Ima, au large du Nigeria, de recevoir le feu vert. Le montant engagé y dépasse 650 millions de dollars, et la major y détient 40 % des parts en tant qu’opérateur. Ce champ alimentera à terme le complexe de gaz naturel liquéfié Nigeria LNG, dont l’expansion Train 7 figure parmi les débouchés visés. La production doit démarrer en 2028, avec un pic attendu à 350 millions de pieds cubes de gaz par jour.
Un revers judiciaire au Kazakhstan
Tous les dossiers ne sourient pas pour autant. Comme l’a rapporté Reuters lundi, le consortium North Caspian Operating Company, auquel TotalEnergies participe, a essuyé un échec devant une juridiction kazakhe. Il cherchait à empêcher l’exécution d’une amende environnementale d’environ 5 milliards de dollars. Le groupement d’opérateurs conteste les accusations et poursuit la procédure devant une cour d’arbitrage internationale.
JPMorgan abaisse sa recommandation
Du côté des analystes, l’accueil est plus mitigé. Le 23 septembre, Matthew Lofting, de JPMorgan, a ramené sa note sur le dossier d’« Overweight » à « Neutre », tout en maintenant son objectif de cours à 83 euros. Selon lui, la solidité industrielle du groupe était déjà intégrée dans les cours avant la journée investisseurs.
Pouyanné rempile, résultats en vue
En parallèle, la gouvernance reste sur sa ligne. Dès le 25 septembre, le conseil d’administration s’est prononcé à l’unanimité pour la reconduction du mandat de Patrick Pouyanné à la présidence du groupe. Les actionnaires se prononceront lors de l’assemblée générale de mai 2027. Le conseil a également choisi de maintenir la fonction combinée de président du conseil et de direction générale.
Prochain rendez-vous pour les investisseurs : la publication des comptes du troisième trimestre 2026, agendée au 29 octobre.
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