Le géant tricolore des gaz industriels ne relâche pas son effort en Asie. Air Liquide a confirmé une enveloppe supérieure à 170 millions d’euros consacrée à la construction et à l’exploitation de nouvelles unités de production et de distribution sur l’île de Kyushu, dans le sud du Japon. L’opération, qui représente environ 30 milliards de yens, soit 192,1 millions de dollars, s’appuie sur un contrat d’approvisionnement de longue durée conclu avec un fabricant de semi-conducteurs dont l’identité n’a pas été divulguée.
Un client unique, un contrat de très longue haleine
Le montage retenu est celui qu’affectionne le groupe : Air Liquide financera, édifiera, possédera et fera tourner les installations lui-même. La contrepartie ? Alimenter une usine de puces existante dont les capacités de production de circuits logiques vont être élargies. Pour ces procédés d’une exigence extrême, le fournisseur livrera des gaz d’une pureté poussée à l’extrême : azote, oxygène, argon et hydrogène. Des capacités de stockage de secours sont également prévues sur site, de manière à ce que la production du fondeur ne connaisse aucune interruption.
Ce type d’accord, négocié sur de longues durées et assorti d’engagements fermes de volumes, constitue le socle de la rentabilité du métier. Il met le fournisseur à l’abri des à-coups conjoncturels et lui garantit des revenus récurrents. La concurrence ne s’y trompe pas : les spécialistes des gaz électroniques multiplient eux aussi les implantations en Asie.
La demande d’IA en toile de fond
Le calendrier n’a rien d’anodin. L’engouement pour les applications d’intelligence artificielle tire la demande de puissance de calcul et pousse les fabricants de semi-conducteurs comme leurs équipementiers à étoffer leurs capacités. Au Japon, cette dynamique a récemment soutenu le moral des grandes entreprises industrielles, comme l’a montré la dernière enquête Tankan de la Banque du Japon. En s’installant à Kyushu, Air Liquide entend accompagner sur place l’essor de la filière nippone des puces.
Un dossier britannique sur le gril de la CMA
Pendant que le groupe étend son empreinte japonaise, un autre chantier occupe les esprits en Europe. Au Royaume-Uni, l’autorité de la concurrence, la Competition and Markets Authority, se penche sur le projet de cession de l’activité d’oxygénothérapie à domicile d’Air Liquide Healthcare Ltd au profit de Dolby Medical Home Respiratory Care Ltd (Vivisol). La procédure d’examen a été ouverte le 24 septembre, une décision de première phase étant attendue d’ici au 19 novembre 2026.
Décarbonation : un protocole d’accord en Malaisie
Sur le front de la transition énergétique, Air Liquide Engineering & Construction a paraphé une lettre d’intention avec Gas Malaysia Berhad. Les deux partenaires entendent étudier des projets communs axés sur l’hydrogène bas carbone, la capture du CO₂ et le bio-GNL.
La Deutsche Bank relève sa cible
Les marchés accueillent favorablement cette trajectoire. Le 23 septembre, la Deutsche Bank a porté son objectif de cours à 192 euros tout en réitérant sa recommandation d’achat. La combinaison d’activités industrielles sécurisées par contrat et de segments technologiques porteurs consolide la position du groupe. Mercredi, le titre a terminé la séance à 169,72 euros, après avoir évolué jeudi autour de 169,86 euros, quasiment inchangé. Depuis le 1er janvier, l’action affiche une progression de 16 %.
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