L’australien DroneShield enchaîne les bonnes nouvelles. En l’espace de quelques semaines, le spécialiste des systèmes anti-drones a décroché une commande de 24,9 millions de dollars auprès de la Joint Interagency Task Force 401 du département américain de la Guerre, et annoncé l’arrivée au conseil d’administration du contre-amiral Lee Goddard, CSC, à compter du 1er juillet 2026. Deux signaux forts qui interviennent alors que l’action continue d’évoluer sous ses moyennes clés.
Le contrat, dévoilé début juin, porte sur la fourniture de matériel, d’abonnements, de garanties et de services pour un montant de 19,3 millions de dollars, le solde relevant de prestations annexes. Les livraisons sont programmées sur 2026 et 2027. Cette commande s’ajoute à un pipeline commercial de 2,3 milliards de dollars australiens, un réservoir de commandes potentielles que la direction espère transformer en revenus récurrents.
L’expertise militaire au service des relations gouvernementales
Avec le contre-amiral Goddard – trente-trois ans d’expérience au sein de la Royal Australian Navy et plusieurs mandats d’administrateur dans des entreprises de défense –, DroneShield muscle sa capacité à dialoguer avec les gouvernements et les agences de sécurité. Le groupe mise sur ces contacts pour accélérer les signatures de contrats et renforcer sa crédibilité auprès des clients institutionnels. Goddard ne détient pour l’instant aucune action du groupe, précise la déclaration d’intérêts.
Le timing coïncide avec une explosion des budgets alloués à la lutte anti-drone. Le Pentagone prévoit pas moins de 75 milliards de dollars pour les technologies de drones et anti-drones dans son budget 2027. Plus largement, le marché mondial de la défense anti-drone devrait atteindre 19,84 milliards de dollars d’ici 2033, avec une croissance annuelle moyenne de 25,2 % à partir de 2026. DroneShield entend capter une part de cette manne grâce à ses systèmes mobiles et fixes, déployés aussi bien sur des bases militaires que dans des aéroports ou des sites sensibles.
Croissance fulgurante, valorisation sous pression
Sur le plan opérationnel, la dynamique est impressionnante. Au premier trimestre 2026, le chiffre d’affaires a bondi de 121 % par rapport à la même période de l’année précédente. L’entreprise vise un revenu annuel d’un milliard de dollars américains à l’horizon 2030, en s’appuyant notamment sur ses abonnements logiciels, gages de marges élevées et de trésorerie prévisible.
Pourtant, la Bourse reste circonspecte. À 1,49 euro, l’action accuse une progression hebdomadaire de 16,37 %, mais affiche une chute de 21,46 % sur un mois et un recul de 59 % par rapport à son sommet historique de 3,65 euros atteint en octobre 2025. Le ratio de valorisation, à 13,1 fois les ventes, se situe bien au-dessus de la moyenne des entreprises comparables du secteur de la défense.
Un rebond technique conditionné aux prochains résultats
Du côté de l’analyse graphique, le titre reste sous sa moyenne mobile à 50 jours (1,86 euro), tandis que le RSI à 40 n’indique pas de situation de survente. La prochaine échéance majeure sera celle des résultats trimestriels : ils devront confirmer si la fulgurante accélération des ventes du premier trimestre se prolonge, seul moyen de justifier une valorisation aussi ambitieuse. En attendant, l’arrivée d’un amiral et un contrat de 25 millions offrent un récit de croissance séduisant, mais l’équation boursière reste à résoudre.
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