La stratégie de diversification des fournisseurs de lancement d’Eutelsat prend forme, apportant un nouvel élan opérationnel à l’opérateur satellitaire. Cette démarche, cruciale depuis la perte des fusées russes Sojus, vise à réduire une dépendance jugée excessive envers SpaceX, qui assure près de 80% des lancements commerciaux. Les pourparlers avancés avec l’Agence spatiale indienne (ISRO) en sont la pierre angulaire émergente.
Le PDG Jean-François Fallacher a confirmé des discussions actives avec l’ISRO pour sécuriser de futurs vols. L’agence indienne n’est pas un inconnu, ayant déjà placé en orbite 72 satellites OneWeb avant la fusion avec Eutelsat. L’enjeu économique est de taille : un lancement par la fusée LVM3 est estimé entre 55 et 60 millions de dollars, un tarif compétitif face aux alternatives occidentales. Cette piste est d’autant plus stratégique que le groupe doit lancer environ 440 nouveaux satellites pour renouveler sa constellation en orbite basse (LEO).
Parallèlement, Eutelsat a déjà signé un contrat avec MaiaSpace, une startup de l’ArianeGroup développant le premier mini-lanceur réutilisable européen. Cet accord pour plusieurs missions doit démarrer en 2027. Le portefeuille de lanceurs se structure ainsi autour de quatre piliers : SpaceX, Arianespace, MaiaSpace et, potentiellement, l’ISRO. Cette diversification intervient dans un contexte de remise en cause profonde des acteurs historiques, comme Arianespace, face à la domination de Falcon 9.
L’action, qui a gagné environ 35% depuis le début de l’année pour s’établir autour de 2,34 euros, teste actuellement des niveaux techniques significatifs. Elle approche en effet sa moyenne mobile sur 200 jours, située à 2,71 euros. Malgré cette récente performance, le titre reste éloigné de près de 49% de son plus haut sur un an, fixé à 4,55 euros.
Les fondamentaux opérationnels soutiennent cette dynamique de cours. Les revenus du segment LEO ont bondi de près de 60%. La direction a réaffirmé ses prévisions annuelles, tablant sur une croissance globale stable, une hausse de 50% des activités en orbite basse et un ratio dette nette/EBITDA ciblé à environ 2,7. La solidité financière du groupe a été renforcée par l’émission d’une obligation de 1,5 milliard d’euros en mars 2026, clôturant une restructuration de capitaux et de dette d’environ cinq milliards.
Les prochains chiffres trimestriels, attendus le 11 mai 2026, seront scrutés pour vérifier si la croissance du LEO se maintient. L’issue des négociations avec l’ISRO, qui pourrait déboucher sur un contrat ferme, constitue le principal catalyseur à moyen terme pour valider la stratégie d’indépendance et porter durablement la valorisation.
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