Le titre d’Eutelsat affiche une performance remarquable depuis le début de l’année, avec une progression de 27,54%. Cette dynamique s’est poursuivie la semaine dernière, l’action gagnant plus de 17%, pour clôturer à 2,28 euros. Cette vigueur boursière s’appuie sur une transformation structurelle achevée et des perspectives opérationnelles concrétisées par un projet européen majeur.
L’entreprise a récemment finalisé son vaste plan de refinancement. L’émission de la dernière tranche d’une obligation de 1,5 milliard d’euros a permis de boucler un package total de 5 milliards d’euros. Ces fonds ont servi au remboursement intégral de dettes existantes, dont une échéant en 2029 avec un coupon de 9,75%. Cette manœuvre sécurise le financement des investissements prévus, estimés à environ 4 milliards d’euros pour la période 2026-2029. Eutelsat se trouve ainsi à l’abri du besoin pour les deux prochaines années, sans nécessité de lever de nouveaux capitaux.
Sur le plan opérationnel, le segment en orbite basse (LEO) est le principal moteur. Au premier semestre de l’exercice en cours, son chiffre d’affaires a bondi d’environ 60%. Cette croissance porte les revenus non-vidéo, c’est-à-dire les services gouvernementaux et aux entreprises, à 54% du total. Le potentiel de ce marché est colossal : une analyse d’avril prévoit que les abonnements mondiaux au haut débit par satellite passeront de 11,8 millions à plus de 43 millions d’ici 2035.
Le projet de souveraineté européenne IRIS², doté d’un budget de 10,6 milliards d’euros, offre un débouché stratégique de premier plan. Eutelsat y occupe une position centrale en tant que « Consortium System Development Prime » au sein du groupement SpaceRISE. L’opérateur est chargé de la conception des 264 satellites LEO qui composeront la constellation d’environ 290 unités, devant être opérationnelle d’ici 2030. Il apporte son expertise et des droits prioritaires sur le spectre Ku-Band. Ce partenariat public-privé sur douze ans, financé à hauteur de 6,5 milliards d’euros par des fonds publics, garantit des revenus fixes substantiels et des économies d’échelle significatives. L’adhésion récente de la Norvège et de l’Islande, officialisée le 26 mars, étend l’influence du projet au-delà des frontières de l’UE.
Parallèlement, Eutelsat densifie sa propre flotte. Un contrat avec Airbus Defence and Space porte sur la construction de 340 satellites OneWeb supplémentaires, s’ajoutant à une commande antérieure de 100 unités. Les premières livraisons de ces 440 satellites sont attendues fin 2026. Pour assurer leur lancement, le PDG Jean-François Fallacher a confirmé des discussions en cours avec l’agence spatiale indienne ISRO, visant à diversifier les fournisseurs et réduire la dépendance à l’égard de SpaceX et d’Ariane.
La direction maintient ses objectifs annuels : une croissance stable du chiffre d’affaires global, une hausse de 50% pour le segment LEO et un ratio dette nette/EBITDA visé autour de 2,7. La prochaine publication trimestrielle, en mai 2026, constituera un premier test pour vérifier la soutenabilité du rythme de croissance actuel. À plus long terme, Eutelsat table sur un chiffre d’affaires total compris entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros d’ici la fin de l’exercice 2028/2029, s’appuyant sur la compatibilité technologique entre sa constellation OneWeb et les futurs satellites IRIS² pour une expansion efficace en orbite basse.
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