Ces dernières semaines, la volatilité du cours de l’argent a été exceptionnelle. Après avoir atteint un sommet historique à 121,67 dollars l’once en janvier, le métal précieux a vu sa valeur presque divisée par deux. Le mois de mars a été particulièrement brutal, avec une chute de 22% qui a ramené le prix aux alentours de 69,55 dollars. Cette dégringolade s’explique par un phénomène rare : la tension autour de l’Iran a simultanément exacerbé les craintes inflationnistes et les anticipations de hausse des taux, privant ainsi l’argent de son rôle traditionnel de valeur refuge.
Des signaux contradictoires de Washington
Le marché a connu un rebond notable suite à une déclaration de l’ancien président américain Donald Trump. Celui-ci a annoncé reporter de cinq jours des frappes envisagées contre des infrastructures énergétiques iraniennes, qualifiant par ailleurs les discussions récentes de « productives ». Cette annonce a provoqué un mouvement de rachat, permettant à l’argent de regagner plus de dix pour cent. Dans la foulée, les rendements obligataires et le dollar ont fléchi, tandis que les opérateurs revoyaient à la baisse leurs paris sur un resserrement monétaire accru.
Cependant, cette embellie s’est vite révélée précaire. Les médias d’État iraniens ont immédiatement démenti la version de M. Trump, affirmant qu’aucune négociation directe n’avait eu lieu. Parallèlement, les forces israéliennes ont réaffirmé leur intention de poursuivre leurs opérations contre Téhéran. Ces contradictions ont rapidement érodé une partie des gains enregistrés, illustrant la sensibilité extrême du métal aux déclarations diplomatiques.
Le contexte macroéconomique : un vent contraire persistant
La situation géopolitique n’est pas le seul facteur de pression. Les principales banques centrales, dont la Réserve Fédérale américaine (Fed), la Banque Centrale Européenne (BCE), la Banque du Japon et la Banque d’Angleterre, ont récemment maintenu leurs taux directeurs. Mais leur communication s’est faite plus agressive, laissant planer la menace d’une politique restrictive prolongée. Les marchés ont même repoussé à 2027 leurs anticipations d’un assouplissement de la Fed, et prévoient désormais deux hausses de taux cette année de la part de la BCE et de la BoE. Ce climat est structurellement défavorable aux métaux précieux, qui ne génèrent pas de rendement.
Pourtant, cette faiblesse à court terme contraste fortement avec les fondamentaux physiques du marché. Les stocks enregistrés (« Registered ») sur le COMEX sont tombés à 78,95 millions d’onces, en baisse de 67% par rapport au pic d’avril 2020. Le Silver Institute, de son côté, prévoit pour 2026 une sixième année consécutive de déficit, avec un manque d’offre estimé à 67 millions d’onces. Si la demande industrielle devrait légèrement reculer à 650 millions d’onces, la demande d’investissement physique, elle, est attendue en hausse de 20% à 227 millions d’onces, son niveau le plus élevé depuis trois ans.
À court terme, le prix de l’argent semble donc condamné à osciller entre, d’un côté, la réalité d’une offre de plus en plus tendue et, de l’autre, les vents contraires macroéconomiques et géopolitiques. La pérennité d’une reprise durable dépendra essentiellement de la clarification de la situation diplomatique et de la solidité des éventuels signaux d’apaisement venant de Washington.
Publicité
Silber Preis: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Silber Preis et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Silber Preis entièrement gratuite : En savoir plus ici !

