Chez LVMH, la semaine s’est jouée sur trois tableaux que rien ne relie a priori : une audition chez un juge d’instruction, une consultation du personnel engagée dans les montres, et un débat créatif chez Louis Vuitton. Le fil rouge, lui, reste le même depuis la publication des comptes trimestriels : une demande qui ne décolle pas, notamment en Chine.
Hermès : LVMH dément toute visée sur la participation de Nicolas Puech
C’est Le Monde, vendredi, qui a relancé le dossier. Selon le quotidien, Jean-Jacques Guiony, dirigeant de LVMH, a été entendu comme témoin assisté par un juge d’instruction enquêtant sur la disparition d’actions détenues par l’héritier Hermès Nicolas Puech. Les questions ont porté sur les acquisitions historiques de titres Hermès réalisées par le groupe de Bernard Arnault. Le conglomérat a formellement repoussé l’idée de racheter la participation de Puech.
La nuance n’est pas mince : une audition comme témoin assisté ne vaut pas reconnaissance d’une faute. Le quotidien du soir décrit une déposition et la position d’une entreprise ; il n’établit ni acquisition irrégulière par LVMH, ni responsabilité du groupe dans la disparition des titres. Le démenti sur l’intention de rachat relève, lui aussi, du registre déclaratif, pas d’une décision de justice.
À ce feuilleton judiciaire s’ajoute un document bien plus prosaïque, publié mardi. La déclaration réglementaire des opérations sur titres propres de LVMH couvre des rachats effectués entre le 19 et le 23 octobre, avec pour finalité l’annulation des actions concernées. Le tout s’inscrit dans le programme de rachat autorisé le 23 avril. Rien à voir, donc, avec les achats historiques de titres Hermès évoqués devant le magistrat : il s’agit ici des propres actions du groupe.
Zenith : jusqu’à la moitié des effectifs suisses dans la balance
Pendant ce temps, la filiale horlogère Zenith a ouvert, le 23 octobre, une consultation du personnel portant sur une réorientation stratégique. Citant une source proche du dossier, Reuters évoque un impact potentiel sur la moitié des salariés basés en Suisse. Une hypothèse, pas une décision actée : les discussions ne font que s’engager, et il serait hasardeux d’en tirer déjà la conclusion d’une réduction d’effectifs définitivement arbitrée, encore moins d’une amélioration des résultats à venir.
Le même jour, Louis Vuitton a de son côté installé Hector Muelas dans une fonction fraîchement créée, celle de Chief Brand Creative Officer. L’intéressé, dont la nomination avait été rendue publique le 23 octobre, pilote la communication créative et les campagnes de la maison et rend compte à Damien Bertrand, CEO adjoint. Là encore, l’exercice consiste à ne pas confondre l’organigramme et le carnet de commandes : cette nomination parle d’image de marque, pas d’un rebond de la demande ni d’un surcroît de chiffre d’affaires.
Un troisième trimestre à 18,5 milliards d’euros, porté par un seul pilier
Le contexte économique, lui, a été publié il y a une quinzaine de jours. Sur le troisième trimestre 2026, LVMH a dégagé un chiffre d’affaires de 18,504 milliards d’euros, pour une croissance organique de 1 %. Un chiffre que la faiblesse du pôle mode et maroquinerie rend peu représentatif de la dynamique réelle du groupe : sur ce segment, les ventes organiques ont reculé de 5 %.
La géographie raconte la même histoire. En Asie, les revenus ont fléchi de 5 % sur un an, quand les États-Unis progressaient d’autant. Le groupe attribue ce trou d’air à un environnement chinois moins porteur — un facteur qui pèse aussi sur Louis Vuitton et Dior, confrontés à une confiance des consommateurs en berne.
Reste à savoir ce que l’investisseur doit suivre. Deux dossiers distincts se présentent : l’évolution de l’enquête sur les mouvements historiques de titres Hermès d’un côté, la trajectoire opérationnelle de l’autre. L’audition de Jean-Jacques Guiony n’apprend rien sur le second point, et les mesures prises chez Zenith comme chez Louis Vuitton relèvent, pour l’heure, d’ajustements au niveau des marques. Le juge de paix demeure la publication des ventes.
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