Le géant danois Novo Nordisk navigue dans des eaux complexes. Alors que le groupe déploie une offensive produit majeure sur le lucratif marché des anti-obésité, il doit simultanément contenir une érosion tarifaire historique et un environnement réglementaire plus strict. Cette tension entre expansion et contraction définit son exercice 2026.
L’offensive se concrétise sur deux fronts aux États-Unis. D’une part, la nouvelle version orale de Wegovy, une pilule, rencontre un succès immédiat avec des dizaines de milliers d’ordonnances dans les trois premiers mois. Elle attire une nouvelle clientèle, notamment ceux réticents aux injections, sans cannibaliser les ventes de l’injectable. Les analystes de GlobalData estiment qu’elle pourrait contribuer à hauteur de 2,76 milliards de dollars au chiffre d’affaires total de Wegovy, projeté à 18,9 milliards de dollars d’ici 2031. D’autre part, l’entreprise a confirmé cette semaine le lancement national de Wegovy HD, une version injectable à plus forte dose. Celle-ci a démontré dans les études une perte de poids moyenne de 20,7%, surpassant les 15% de la dose standard.
Cette expansion intervient dans un contexte de pression concurrentielle accrue. Le rival Eli Lilly a récemment obtenu l’approbation de la FDA pour son traitement oral Foundayo. Si la pilule Wegovy affiche une meilleure efficacité (environ 16% de perte de poids contre 11% pour Foundayo en phase 3), le produit de Lilly présente un avantage pratique en ne nécessitant pas une prise systématique avec de l’eau.
Parallèlement, Novo Nordisk subit une pression tarifaire sans précédent, principalement pilotée par deux facteurs. Aux États-Unis, un nouvel accord de prix « Most-Favored-Nation » avec le gouvernement et des réductions des remboursements Medicaid pour les médicaments contre l’obésité pèsent lourdement. Ces éléments conduisent la direction à anticiper, pour la première fois en un quart de siècle, une baisse du chiffre d’affaires en 2026, estimée entre 5% et 13% en données corrigées des variations de change.
Cette pression sur les prix se manifeste aussi vigoureusement sur le marché indien, où le brevet du sémaglutide est tombé le 20 mars 2026. Face à l’entrée de génériques proposés à moins de 2 000 roupies par mois – contre plus de 10 000 auparavant pour la marque – Novo Nordisk a réagi par des baisses drastiques. Les prix d’Ozempic ont été réduits jusqu’à 36% et ceux de Wegovy jusqu’à 48%. Sur la durée totale du traitement, les réductions moyennes sont de 24% pour l’indication diabète et de 27% pour l’obésité. Pour défendre ses parts de marché, le groupe s’appuie sur ses données cliniques, son expérience de production et des partenariats locaux avec Emcure Pharmaceuticals pour l’obésité et Abbott India pour le diabète.
Sur les marchés financiers, l’action, cotée à 31,93 euros, a perdu environ 28% depuis le début de l’année. Pour soutenir le titre, la direction poursuit un programme de rachat d’actions lancé le 4 février 2026, d’un volume total pouvant atteindre 15 milliards de couronnes danoises. Au 1er avril, près de 9,97 millions d’actions de catégorie B avaient été rachetées pour un montant d’environ 2,59 milliards de couronnes, à un prix moyen de 259,47 couronnes. Le trésor de l’entreprise détient désormais 27,4 millions de ses propres titres.
Les investieurs scrutent désormais le prochain catalyseur réglementaire : la décision de la FDA concernant CagriSema, une combinaison de cagrilintide et de sémaglutide pour l’obésité, attendue autour du passage à l’année 2027. Une approbation constituerait un signal positif majeur avant la journée des investisseurs de septembre 2026, où la stratégie à moyen terme du groupe sera redéfinie.
Publicité
Actions Novo Nordisk: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Novo Nordisk et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Novo Nordisk entièrement gratuite : En savoir plus ici !

