Malgré la publication de chiffres trimestriels dépassant les prévisions les plus optimistes, l’action Nvidia a chuté de plus de 5%. Cette réaction paradoxale traduit les doutes persistants des investisseurs sur la pérennité de l’engouement pour l’intelligence artificielle. Parallèlement, la participation massive du fondeur dans le tour de table d’OpenAI interroge sur les dynamiques à l’œuvre dans le secteur.
Une prévision solide mais une inquiétude tenace
Pour le premier trimestre de son exercice 2027, Nvidia anticipe un chiffre d’affaires d’environ 78 milliards de dollars. Cela représenterait une croissance de 77% en glissement annuel, soit une accélération par rapport au trimestre précédent. Il est à noter que cette projection n’inclut pas les revenus liés au marché chinois.
Colette Kress, la directrice financière, a indiqué que la demande continuait de se renforcer. Le groupe s’attend désormais à dépasser son objectif de production de puces, fixé à 500 milliards de dollars pour 2026. Jensen Huang, le PDG, met en avant le potentiel de l’« Agentic AI », ces systèmes d’IA autonomes nécessitant une intervention humaine minimale, qu’il présente comme le prochain relais de croissance.
Pourtant, la valorisation du titre, évaluée à environ 22 fois les bénéfices anticipés, reste inférieure à sa moyenne quinquennale (37) et se situe à peine au-dessus de celle du S&P 500. Si 61 analystes sur 66 maintiennent une recommandation d’achat, la question centrale persiste : jusqu’à quand les géants technologiques pourront-ils justifier leurs investissements massifs dans l’infrastructure IA, et quand la rentabilité de ces dépenses deviendra-t-elle évidente ?
Des performances spectaculaires, une réaction boursière mitigée
Au quatrième trimestre de l’exercice 2026, Nvidia a enregistré un chiffre d’affaires de 68,1 milliards de dollars, en hausse de 73% sur un an. Le bénéfice par action s’est établi à 1,62 dollar, surpassant l’estimation consensus des analystes fixée à 1,53 dollar.
La réponse des marchés a néanmoins été sévère. Le titre a perdu 5,5% pour clôturer à 184,89 dollars, enregistrant sa plus forte baisse depuis dix mois. Le volume d’échanges a bondi à 351 millions d’actions, plus du double de la moyenne trimestrielle. Les craintes d’une éventuelle bulle autour de l’IA n’ont pas été dissipées par les perspectives annoncées.
L’activité « Data Center », qui représente désormais plus de 91% du chiffre d’affaires total, a progressé de 75% pour atteindre 62,3 milliards de dollars. Les hyperscalers, tels qu’Amazon et Microsoft, génèrent plus de la moitié de ces revenus. La croissance du segment « Data Center Networking » est particulièrement frappante : il a explosé de 263% pour frôler les 11 milliards de dollars, porté par la demande pour les systèmes NVLink dédiés aux architectures GB200 et GB300.
L’investissement dans OpenAI : un partenariat stratégique aux contours évolutifs
L’histoire entre Nvidia et OpenAI a connu plusieurs rebondissements. En septembre 2025, les deux groupes annonçaient un partenariat stratégique, Nvidia exprimant alors l’intention d’investir jusqu’à 100 milliards de dollars dans OpenAI, notamment via la fourniture d’au moins 10 gigawatts de capacité de calcul. Cet engagement n’était alors qu’une déclaration d’intention non contraignante, sans contrat ni flux financiers.
Cinq mois plus tard, le Wall Street Journal révélait que les négociations étaient au point mort, évoquant des doutes internes chez Nvidia sur le modèle économique d’OpenAI. Le rapport financier du fondeur confirmait cette incertitude, stipulant qu’il n’y avait « aucune certitude » quant à la conclusion d’un accord.
Le revirement est intervenu deux jours après la publication des résultats trimestriels. OpenAI a officialisé une levée de fonds historique de 110 milliards de dollars. Nvidia y a participé à hauteur de 30 milliards de dollars, tout comme SoftBank, tandis qu’Amazon apportait 50 milliards. La valorisation d’OpenAI avant cette opération était estimée à 730 milliards de dollars.
En contrepartie, OpenAI s’est engagé à utiliser 3 gigawatts pour l’inférence et 2 gigawatts pour l’entraînement sur les systèmes Vera Rubin de Nvidia. Reste à savoir si ces 30 milliards remplacent ou complètent les 100 milliards initialement évoqués. Cet accord renforce un schéma de plus en plus critiqué à Wall Street : les fabricants de puces et les fournisseurs de cloud financent des startups en IA qui sont aussi leurs principaux clients, créant un flux circulaire d’argent susceptible de gonfler artificiellement la demande et les revenus.
Publicité
Actions Nvidia: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Nvidia et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Nvidia entièrement gratuite : En savoir plus ici !

