Alors que la demande pour ses puces graphiques reste insatiable, Nvidia déploie une stratégie d’investissement agressive pour sécuriser sa chaîne d’approvisionnement. Le géant du silicium vient d’annoncer un placement de deux milliards de dollars dans Marvell Technology, visant à acquérir des technologies réseau critiques pour ses futurs centres de données d’intelligence artificielle. Cette opération s’inscrit dans une série de prises de participation, après des investissements similaires dans Lumentum et Coherent, destinés à contrôler des composants optiques essentiels comme les lasers.
Cette course aux capacités répond à une réalité brute : le marché est en tension extrême. Les tarifs de location pour les GPU H100 de Nvidia ont bondi d’environ 40% au cours des six derniers mois, passant de 1,70 dollar de l’heure en octobre 2025 à près de 2,35 dollars actuellement. Les capacités en cloud, tous types de GPU confondus, sont intégralement réservées, selon l’analyste SemiAnalysis. Même pour la nouvelle génération Blackwell, les délais de livraison s’étirent jusqu’au milieu de l’année 2026.
Cette pénurie est alimentée par une ruée des géants du cloud. Alphabet, Microsoft, Meta et Amazon prévoient ensemble près de 700 milliards de dollars de dépenses en infrastructure IA pour 2026. Avec une part de marché estimée entre 85% et 90% dans le segment des GPU, Nvidia est le principal bénéficiaire, mais aussi la principale contrainte. Les délais d’approvisionnement pour ses puces dédiées aux centres de données oscillent désormais entre 36 et 52 semaines.
Malgré ce contexte de demande record, l’action Nvidia affiche une performance en demi-teinte depuis le début d’année. Elle cote actuellement autour de 155,32 euros, en léger retrait sur l’exercice et à environ 13% de son plus haut historique. Le titre évolue sans direction claire, naviguant au niveau de ses moyennes mobiles à 50 et 200 jours. Les flux monétaires institutionnels, mesurés par l’indicateur Chaikin Money Flow, restent négatifs, signalant une absence d’engagements frais des grands investisseurs à ces niveaux de cours.
La prudence est également palpable sur le marché des options. Le ratio put/call est récemment passé de 0,53 à 0,78, traduisant une hausse des stratégies de couverture en prévision des prochains résultats trimestriels, attendus en mai. Pourtant, les fondamentaux semblent solides comme le roc. Le carnet de commandes pour les futures générations de puces Blackwell et Vera Rubin dépasse les 500 milliards de dollars jusqu’à fin 2026.
Des catalyseurs réglementaires et technologiques pourraient encore renforcer cette dynamique. Les autorités chinoises ont récemment autorisé la distribution de puces H100 à plusieurs clients, une opportunité que les analystes de Wells Fargo évaluent à plus de 25 milliards de dollars de revenus annuels potentiels. Parallèlement, Nvidia prépare déjà l’après-Blackwell avec sa plateforme Vera Rubin, promise pour une livraison initiale dans la seconde moitié de 2026 et annoncée comme dix fois plus performante par watt.
Le consensus des analystes reste massivement orienté à l’achat, avec 41 recommandations « acheter » sur 43, contre une seule de « vendre ». L’action a récemment enchaîné sept séances haussières consécutives, sa plus longue série positive depuis novembre 2023, et a testé à deux reprises sans la franchir la zone de support technique autour de 165 dollars. Les prochains chiffres trimestriels et des précisions sur le calendrier des livraisons Blackwell seront scrutés pour donner une impulsion décisive au titre, toujours en phase de consolidation.
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