Renault a publié aujourd’hui les comptes du troisième trimestre 2026, et le marché a salué la copie. Le constructeur au losange a dégagé 11,6 milliards d’euros de revenus, en hausse de 1,5% sur un an, là où le consensus des analystes tablaient sur un léger repli de 0,3% à devises constantes, selon Reuters. La Bourse a applaudi : le titre a gagné jusqu’à 7,6% dans la journée.
Derrière cette surprise, un déséquilibre que les investisseurs feraient bien de garder en tête. La branche automobile a livré 9,835 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit une quasi-stagnation. C’est Mobilize Financial Services qui a fait la différence, avec 1,761 milliard d’euros de revenus, en progression de 11,0%. Autrement dit, la croissance du groupe repose presque entièrement sur son activité de financement.
Moins de voitures, autant d’euros
Le volume, lui, recule. Renault a écoulé 497 799 véhicules dans le monde sur le trimestre, un repli de 6%. La marque Dacia a particulièrement souffert, avec un recul de 12,8% de ses livraisons. Le groupe a néanmoins réussi à compenser cette érosion grâce à des prix plus fermes, à un mix produit plus favorable et, selon l’AFP, à la production de véhicules assemblés pour des partenaires.
Le directeur financier Duncan Minto a lui-même pointé la pression exercée par les constructeurs chinois sur le segment C européen. Un avertissement qui tempère l’embellie : le succès des modèles électriques ne fait pas disparaître cette concurrence, loin de là.
Car l’électrique, justement, constitue le principal point d’appui commercial. Les ventes de voitures électriques du groupe ont bondi de 84,7% sur le trimestre, pour représenter 25,8% des immatriculations de véhicules particuliers. En Europe, 64,8% des ventes ont été réalisées auprès de particuliers. Ce basculement vers une clientèle privée, notamment en France, a permis de compenser à la fois la baisse des volumes et la pression sur les tarifs.
JP Morgan confirme, les coûts menacent
Côté analystes, JP Morgan ne bouge pas. Jose M. Asumendi a réitéré sa recommandation d’achat sur le titre et maintenu son objectif de cours à 45 euros. Un signe de confiance qui contraste avec la prudence affichée sur la rentabilité.
Renault anticipe en effet une légère amélioration de sa marge au second semestre par rapport au premier. Mais la hausse des matières premières et l’inflation devraient amoindrir le traditionnel effet saisonnier favorable. Le relèvement des prévisions de revenus ne se traduit donc pas mécaniquement dans les résultats.
Les objectifs annuels, confirmés il y a une bonne vingtaine de jours, restent la référence : une marge opérationnelle de groupe d’environ 5,5% et un free cash flow automobile de l’ordre de 1,0 milliard d’euros.
La publication du jour valide surtout une capacité : celle de Renault à défendre son chiffre d’affaires malgré des volumes en baisse. Elle ne constitue pas encore la preuve d’un redressement généralisé de l’activité automobile. Pour cela, il faudrait que les segments les plus fragiles du groupe — Dacia en tête — reprennent eux aussi leur contribution à la croissance.
Publicité
Actions Renault: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Renault et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Renault entièrement gratuite : En savoir plus ici !

