Une annonce diplomatique a suffi à renverser la tendance sur les marchés de l’énergie ce mercredi. L’accord de cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran, baptisé accord d’Islamabad, a provoqué un revirement brutal des cours du pétrole. La prime de risque géopolitique, qui soutenait les cours depuis des mois, s’est évaporée en quelques heures, entraînant dans son sillage l’ensemble du secteur européen.
Le Brent, référence pour le pétrole brut de la mer du Nord, a chuté d’environ 16% pour s’établir autour de 92 dollars le baril, son plus fort recul depuis avril 2020. Les contrats à terme ont même touché un plus bas mensuel à 90,40 dollars. Cette correction violente a immédiatement impacté les valeurs énergétiques. TotalEnergies a perdu environ 8%, clôturant à 75,35 euros. Ses principaux concurrents, Shell, BP, Eni et Repsol, ont subi des baisses similaires, comprises entre 4,6% et 7,7%. Les valeurs norvégiennes ont été encore plus sévèrement touchées, avec Equinor en recul de 8,7% et Aker BP et Var Energi affichant des pertes proches de 10%.
Cette réaction s’explique par la levée d’une menace majeure pour les approvisionnements. La promesse de l’Iran de rouvrir provisoirement le détroit d’Hormuz, point de passage stratégique, a apaisé les craintes d’un choc d’offre mondial. Les exportateurs de GNL, qui avaient particulièrement bénéficié de la hausse des prix spot durant la période de tensions, figurent parmi les plus grands perdants de la journée. Ce mouvement marque un coup d’arrêt net à la forte hausse sectorielle du premier trimestre, durant lequel le Brent avait enregistré des gains records en mars.
Malgré cette secousse, les fondamentaux du groupe français restent solides. Les analystes de Bank of America maintiennent une vue positive. L’analyste Christopher Kuplent réaffirme TotalEnergies comme sa valeur préférée parmi les majors pétrolières européennes, jugeant les risques perçus sur sa trésorerie comme « exagérés » et erronés. La banque anticipe des rendements de free cashflow de 14% pour 2026 et 13% pour 2027 aux prix forward actuels. Même dans un scénario plus contraignant avec un Brent à 60 dollars le barrel, elle estime un rendement mid-cycle de 12% possible d’ici 2028.
Le prochain rendez-vous déterminant pour les investisseurs interviendra le 29 avril, avec la publication des résultats du premier trimestre. Bank of America s’attend à ce que la société annonce à cette occasion une augmentation de son dividende de 5% par action, ce qui en ferait l’une des rares grandes compagnies pétrolières à relever ses distributions parallèlement à la présentation trimestrielle. La direction base par ailleurs ses objectifs annuels, incluant une croissance de production de 5%, sur un prix du Brent hypothétique de 60 dollars, lui offrant une marge de sécurité conséquente.
La volatilité devrait néanmoins rester élevée. La trêve, d’une durée initiale de deux semaines, reste fragile. Matthew Ryan d’Ebury avertit que les cours du pétrole et du dollar pourraient repartir à la hausse tout aussi rapidement en cas d’échec des pourparlers ou si l’activité maritime dans le détroit de Hormuz restait perturbée. Malgré la correction de mercredi, le titre TotalEnergies affiche toujours une progression d’environ 37% depuis le début de l’année, démontrant la robustesse de la performance sectorielle sur la période.
Publicité
Actions TotalEnergies SE: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de TotalEnergies SE et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de TotalEnergies SE entièrement gratuite : En savoir plus ici !

