Le constructeur chinois BYD a bouclé le mois de juillet sur un volume de ventes inédit depuis le début de l’exercice. Quelque 419.211 véhicules à énergie nouvelle ont trouvé preneur, contre 344.296 unités un an plus tôt, tandis que la production atteignait 420.249 exemplaires. Un chiffre flatteur, mais qui laisse entrevoir l’ampleur du défi : pour espérer toucher la borne basse de sa fourchette annuelle de 5,0 à 5,5 millions d’unités, le groupe devrait écouler environ 530.000 véhicules par mois d’ici à décembre, selon une évaluation de Bloomberg. Le chemin reste donc escarpé.
L’export, moteur d’une croissance à deux visages
La géographie des ventes éclaire la nature de cette performance. Sur les 419.211 unités écoulées en juillet, 179.841 concernaient des voitures particulières et des pick-ups livrés hors de Chine — un record absolu, en progression de 124,3 % sur un an. Le marché domestique, lui, n’a généré que 239.370 ventes, confirmant une dynamique atone dans l’Empire du Milieu. Résultat : les ventes cumulées de janvier à juillet atteignent 2.227.722 unités, en repli de 10,54 % par rapport à la même période de 2025. Le trou d’air se comble néanmoins, le premier semestre ayant affiché une contraction plus marquée, de 15,72 %.
L’essor à l’international pèse désormais lourd dans la balance : sur sept mois, 969.208 véhicules ont été vendus hors des frontières chinoises, soit environ 43,5 % du total. Une bascule qui a permis au groupe de dépasser le cap symbolique des 17,3 millions de véhicules à énergie nouvelle écoulés dans le monde depuis ses débuts. Elle se traduit aussi dans les classements : BYD a dépassé Hyundai Motor Group et s’adjuge désormais la troisième place des constructeurs de véhicules électriques hors de Chine. Sur le seul premier semestre, les livraisons à l’étranger ont bondi de 81,4 % à 497.000 unités, d’après SNE Research.
De Brasília à Tokyo, l’ancrage local s’accélère
Cette conquête des marchés extérieurs ne se limite plus à l’export pur. Au Brésil, BYD a mis en circulation son premier modèle produit sur place, le Song Pro Super-Hibrido Flex Fuel, arrivé chez les concessionnaires le 5 août. L’investissement initial de 100 millions de reais, engagé il y a environ deux ans, ouvre la voie à une stratégie d’industrialisation plus profonde : d’ici janvier 2027, la part des composants fabriqués localement devra dépasser 50 %, avec notamment des batteries assemblées dans l’usine de Camaçari. De quoi amortir les droits de douane et sécuriser la chaîne d’approvisionnement.
Le Japon représente un autre front. Fin juillet, le groupe a lancé à Tokyo la Racco, une citadine taillée pour le segment des kei-cars, ces mini-véhicules soumis à une réglementation spécifique très stricte. Une incursion inédite qui élargit encore le spectre géographique du constructeur.
Une salve de nouveautés pour ranimer la demande
Sur le marché intérieur, BYD mise sur un flux continu de lancements. Depuis le 13 août, les clients chinois peuvent précommander le Sealion 08, un SUV de la gamme Ocean décliné en hybride rechargeable DM-i et en 100 % électrique. Les prix débutent à 230.000 yuans, et la version hybride se distingue comme le premier plug-in du groupe doté d’une fonction de recharge ultrarapide.
La marque premium Denza n’est pas en reste. La Chengdu Auto Show, qui se tient du 21 au 30 août, sert d’écrin aux débuts publics du Da Han, tandis que les commandes pour la berline Z9S sont ouvertes. Proposée en trois finitions, de 319.800 à 389.800 yuans, cette dernière embarque une batterie de deuxième génération à charge rapide, pour une autonomie annoncée de 1.100 kilomètres selon le cycle chinois CLTC.
Le rendez-vous du 28 août
En attendant, la Bourse reste perplexe. L’action a clôturé vendredi à 9,79 euros, en hausse de 0,3 % sur la séance, mais accuse un repli de 3,6 % sur la semaine — ou de 2,5 % selon les calculs de la seconde source — et de 8,6 % depuis le 1er janvier. Le titre évolue environ un quart en dessous de son plus haut sur 52 semaines, touché à 13,23 euros le 26 août de l’année précédente.
Tous les regards se tournent désormais vers le 28 août, date à laquelle BYD doit publier ses résultats semestriels. Le conseil d’administration s’est d’ailleurs réuni mercredi dernier pour préparer cette échéance. Les investisseurs y verront si la vigueur de l’export parvient enfin à compenser, dans les comptes, la langueur du marché chinois.
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