À dix jours de la publication de son chiffre d’affaires trimestriel, LVMH navigue entre des recommandations d’achat toujours en vigueur et un environnement de consommation qui se dégrade sur deux de ses marchés clés. Le contraste mérite qu’on s’y attarde : les analystes continuent de conseiller le titre, mais l’un d’eux vient de revoir nettement à la baisse sa cible.
Chine et États-Unis : deux foyers de tension distincts
Reuters a rapporté vendredi que le durcissement du contrôle fiscal chinois à l’égard des contribuables fortunés pèse sur les grandes maisons de luxe. Un facteur qui s’ajoute à un autre signal, plus ancien : dès mardi, l’agence évoquait un fléchissement des dépenses par carte bancaire dans l’univers du luxe aux États-Unis, à l’approche des élections de mi-mandat. LVMH figure parmi les groupes exposés au marché américain, et les attentes pour la saison de résultats à venir intègrent déjà une demande intérieure moins soutenue.
Les deux phénomènes ne se confondent pas. En Chine, c’est l’action de l’administration fiscale qui crée une pression additionnelle sur une clientèle aisée. Outre-Atlantique, c’est la dépense elle-même qui faiblit. Citi précise d’ailleurs que les achats de produits de luxe par carte ont reculé en septembre pour le troisième mois consécutif. Combinés, ces éléments alimentent une même interrogation : jusqu’où la demande de luxe résistera-t-elle ? Aucun chiffre d’affaires précis pour LVMH ne peut toutefois être déduit de ces observations.
Des avis positifs, mais des cibles divergentes
Goldman Sachs a initié sa couverture de LVMH le 4 octobre avec une recommandation d’achat et un objectif de 500 euros. Le raisonnement de la banque repose sur un redressement possible de l’activité maroquinerie à partir de 2027 — une projection, donc, et non un constat déjà établi. Ce calendrier n’est pas anodin : il situe le rebond attendu bien au-delà des turbulences actuelles.
UBS a confirmé sa propre recommandation d’achat le 5 octobre, tout en abaissant son objectif de 645 à 525 euros. La juxtaposition est éloquente : le conseil reste favorable, mais la cible recule de 120 euros. Difficile, dans ces conditions, de lire les avis d’analystes comme un feu vert sans nuance. Les deux maisons invitent à l’achat, mais la révision d’UBS traduit une prudence bien réelle.
Le 12 octobre, prochain juge de paix
LVMH doit dévoiler son chiffre d’affaires du troisième trimestre 2026 le 12 octobre, après la clôture de la Bourse de Paris. Les analystes tablent sur 18,5 milliards d’euros, soit une progression de 1 % sur un an. Il s’agit d’une estimation, pas d’un résultat publié.
Cette prévision dessine une croissance modeste. L’enjeu du rendez-vous dépasse donc la simple question de savoir si le groupe atteint cette barre : la publication dira aussi dans quelle mesure cette hypothèse tenait compte des vents contraires décrits plus haut. D’ici là, les recommandations d’achat cohabitent avec des risques de demande bien tangibles — sans qu’aucune baisse de chiffre d’affaires ait pour l’instant été constatée.
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