La semaine boursière s’achève sur une note presque immobile pour LVMH. Vendredi, le titre du géant français du luxe a clôturé à 400,10 euros, une variation quotidienne de seulement 0,06 %. Cette stabilité apparente dissimule mal la tempête que traverse le secteur : depuis le 1er janvier, l’action abandonne 37 % de sa valeur.
Le calendrier n’arrange rien. La fashion week parisienne s’ouvre ce lundi 28 septembre, et les deux vaisseaux amiraux du groupe, Louis Vuitton et Christian Dior, y dévoileront leurs nouvelles collections dans un contexte de ralentissement marqué de la demande. Un exercice à haut risque, alors que la frilosité des clientèles pèse sur l’ensemble de l’industrie européenne du luxe.
L’Oréal détrône LVMH à la Bourse de Paris
Le symbole est fort. Le 15 septembre, LVMH a perdu son statut de première capitalisation de la place parisienne au profit du groupe cosmétique L’Oréal, selon des données LSEG relayées par Reuters. Il faut remonter à 2017 pour retrouver un tel scénario : une entreprise étrangère au monde du luxe n’avait plus coiffé le classement à la clôture parisienne depuis cette date.
Les analystes, eux, ajustent leurs modèles. Le 15 septembre, Bernstein a ramené son objectif de cours à 520 euros tout en maintenant sa recommandation à « surperformance », invoquant les difficultés du pôle mode et maroquinerie ainsi qu’une pause temporaire dans la reprise de la demande chinoise. Le lendemain, RBC a revu son opinion à la baisse, passant de « achat » à « neutre » avec un objectif ramené à 475 euros. Jefferies a emboîté le pas le même jour, abaissant sa cible à 440 euros sans modifier sa position neutre sur le dossier.
Une holding simplifiée via Christian Dior
Pendant que le marché s’interroge sur la trajectoire opérationnelle, la famille Arnault s’attaque à l’architecture juridique de son empire. Mercredi, elle a confirmé son intention de fusionner Agache avec Christian Dior, une opération qui doit être engagée en décembre. La nouvelle entité Agache détiendrait à terme 49,76 % du capital de LVMH et 65,55 % des droits de vote.
Le dispositif prévoit également une offre publique de retrait visant les 2,44 % de Christian Dior encore détenus par des actionnaires minoritaires, avec un lancement envisagé au premier trimestre 2027. En parallèle, LVMH a publié mardi, conformément aux obligations déclaratives auprès de l’Autorité des marchés financiers, des informations relatives à des transactions portant sur ses propres titres.
Arnault en invité d’un banquet d’État
La dimension politique du dossier reste, elle aussi, bien vivante. Bernard Arnault et Alexandre Arnault figurent, selon Reuters, parmi les invités pressentis d’un banquet d’État organisé entre Donald Trump et Xi Jinping.
Sur un tout autre front, LVMH continue de ferrailler dans un litige judiciaire. Le 17 septembre, Reuters rapportait que le groupe avait contesté, dans une écriture judiciaire, avoir jamais cherché à racheter des parts d’Hermès détenues par l’héritier Nicolas Puech. Des documents juridiques consultés par l’agence font pourtant état d’un accord remontant à 2002.
Le cuir, baromètre de la rentabilité
C’est peu dire que la mode compte pour LVMH : cette division constitue le principal moteur de sa rentabilité. Les défilés de Milan et de Paris ont donc valeur de test, chaque maison cherchant à ranimer l’appétit d’une clientèle devenue prudente. La clarification des structures de holding doit, elle, offrir au groupe une visibilité accrue pour affronter ces vents contraires. Les présentations parisiennes diront si l’attrait pour l’exceptionnel peut reprendre le dessus dans un environnement économique qui, lui, ne fait aucun cadeau.
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