Le troisième trimestre 2026 de LVMH a surtout mis en lumière un écart déjà visible depuis plusieurs mois : certains métiers continuent d’avancer, quand le cœur du groupe reste sous pression. Avec un chiffre d’affaires de 18,5 milliards d’euros et une croissance organique limitée à 1%, le géant du luxe a bien progressé sur le papier, mais sans convaincre pleinement le marché.
La fracture la plus nette se lit dans les divisions. Le pôle de distribution sélective a enregistré une hausse organique de 8%, tandis que la mode et la maroquinerie ont reculé de 5%. Autrement dit, la bonne tenue de certaines activités n’a pas suffi à compenser la faiblesse du segment le plus emblématique du groupe. LVMH a parallèlement évoqué un environnement moins dynamique en Chine, un point qui pèse particulièrement sur le commerce des articles de mode et de cuir.
Sur le plan géographique, le groupe a néanmoins trouvé des relais en dehors de l’Asie. Les États-Unis, l’Europe et le Japon ont apporté un soutien jugé positif par l’entreprise, sans toutefois effacer la déception liée aux ventes. Reuters a signalé mardi une indication d’ouverture plus faible pour le titre, reflet d’un marché qui a retenu surtout la lenteur du redressement.
Les neuf premiers mois de l’exercice dressent un tableau nuancé. LVMH a réalisé un chiffre d’affaires de 57,1 milliards d’euros, en baisse de 2% en données publiées, mais en hausse de 2% à périmètre et taux de change constants. Là encore, la lecture dépend donc du prisme retenu : l’organique reste positif, mais l’évolution affichée rappelle que la reprise n’est pas linéaire.
Les analystes ont, eux aussi, ajusté leur jugement sans bouleverser leurs positions de fond. JPMorgan a abaissé hier son objectif de cours de 525 à 500 euro, tout en maintenant sa recommandation à « Neutral ». Jefferies a réduit de son côté sa cible de 440 à 415 euro, avec un avis resté à « Hold ». La Bank of America a également revu à la baisse son objectif, de 640 à 520 euro, sans toucher à sa recommandation d’achat.
Ces révisions vont toutes dans le même sens : une appréciation plus prudente du potentiel boursier à court terme. Elles ne constituent toutefois pas un désaveu uniforme du dossier. Les bureaux d’études ajustent leurs hypothèses, mais conservent des lectures différentes sur l’attractivité du titre.
Pour les investisseurs, le message est donc clair : LVMH affiche encore de la croissance, mais elle repose sur un équilibre fragile entre des activités résistantes et un segment mode-maroquinerie en repli. Tant que cette dissymétrie persistera, le groupe pourra difficilement parler d’une reprise pleinement homogène.
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