Le 17 novembre 2026 constitue désormais la prochaine échéance fixe pour les actionnaires de Nvidia. Ce jour-là, le groupe présentera les comptes du troisième trimestre de son exercice 2027, à l’occasion d’une conférence téléphonique. Un rendez-vous d’autant plus attendu que la semaine écoulée a vu le titre reculer de 2,6 %, clôturant à 183,56 €, sans qu’aucune mauvaise nouvelle propre à l’entreprise ne soit venue justifier le mouvement.
Un repli d’abord sectoriel
Il faut en effet replacer la baisse dans son contexte. Selon Reuters, ce sont les publications décevantes d’Intel et d’Amazon qui ont pesé sur l’ensemble des valeurs technologiques et des semi-conducteurs. Nvidia a été emporté par ce courant vendeur, aux côtés d’autres fabricants de puces. Le mouvement ne découle donc pas d’une annonce de la société elle-même, mais d’un doute plus large : les sommes colossales englouties dans l’intelligence artificielle génèrent-elles des recettes à la hauteur ?
À cette interrogation s’ajoute la crainte que des taux d’intérêt élevés ne freinent la construction de nouveaux centres de données. Voilà pourquoi les investisseurs scrutent désormais la rentabilité de l’infrastructure autant que son ampleur. Les projets dévoilés ces derniers jours ne suffisent pas à lever cette incertitude : ils décrivent des capacités à venir et des engagements de capital, non des profits déjà encaissés.
Oracle et Meta : deux partenariats, deux logiques
Mardi, Nvidia et Oracle ont annoncé l’extension des superclusters d’Oracle Cloud Infrastructure, qui doivent atteindre plusieurs gigawatts grâce aux systèmes Vera Rubin NVL72. Ces machines, ainsi que les processeurs Vera, sont désormais disponibles de façon générale sur la plateforme OCI. L’accord illustre l’ampleur envisagée du déploiement, sans pour autant répondre à la question du retour sur investissement.
Le même jour, le fabricant de puces a détaillé un rapprochement renforcé avec Meta autour des modèles Muse et des agents d’IA. Le géant des réseaux sociaux prévoit d’élargir l’usage des processeurs Vera Rubin et Vera. Surtout, Nvidia a indiqué vouloir placer 3 milliards de dollars dans l’offre d’actions de Meta. Cette participation financière se distingue de la coopération technique : elle ajoute une dimension capitalistique à la relation, ce qui explique que le débat sur les coûts et les rendements ne se réduise pas à la seule demande d’infrastructures. Le financement entre lui aussi dans l’équation que pesent les investisseurs.
Hugging Face sous la loupe du DOJ
Un autre dossier demeure ouvert, indépendant des turbulences boursières. Mercredi, Reuters a rapporté que le ministère américain de la Justice avait adressé des questions sur le projet de rachat de Hugging Face, valorisé à 12,93 milliards de dollars. L’opération était attendue pour le premier semestre 2027. Les autorités examinent notamment si Nvidia pourrait acquérir, via cette acquisition, le contrôle d’un point de passage essentiel pour la distribution des modèles d’IA.
Sollicité par Reuters, le groupe n’a pas souhaité commenter. Ces demandes d’information ne préjugent ni d’un veto ni d’une autorisation : elles portent sur une transaction précise et constituent, à ce titre, une source d’incertitude qui s’ajoute au débat sur la rentabilité des investissements.
Reste donc un fil conducteur : entre l’élargissement des capacités avec Oracle, les 3 milliards de dollars engagés aux côtés de Meta et l’examen du dossier Hugging Face, Nvidia multiplie les annonces. Mais c’est bien le 17 novembre 2026, à la faveur de la publication trimestrielle, que le marché disposera d’éléments chiffrés pour juger si ces paris industriels se traduisent, oui ou non, en résultats.
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