Le titre de Nvidia affiche une santé insolente, clôturant la semaine à 169,48 euros. Cette performance s’inscrit dans une tendance haussière de près de 90% sur douze mois, portant la capitalisation boursière du géant des puces vers les 4 900 milliards de dollars. L’objectif médian des analystes, fixé à 267,50 dollars, suggère encore une appréciation potentielle de 33%, ce qui propulserait la valorisation au-delà des 6 500 milliards.
Cette confiance des marchés repose sur des fondamentaux robustes. Pour l’exercice 2026, les prévisions tablent sur un chiffre d’affaires global de 216 milliards de dollars, dont 193,7 milliards devraient provenir du seul segment des centres de données. Le ratio cours/bénéfice anticipé (Forward P/E) s’établit autour de 24, un niveau bien inférieur à la moyenne triennale de 79, tandis que la croissance des profits pour 2026 est estimée à 74%. Le dernier trimestre a confirmé la dynamique, avec un chiffre d’affaires de 68,13 milliards de dollars, dépassant les attentes de 2,57 milliards.
Pourtant, l’environnement concurrentiel s’anime. Les rivaux lèvent des fonds massifs pour s’attaquer au marché lucratif de l’inférence, phase d’exécution des modèles d’IA. Cette année, 8,3 milliards de dollars ont déjà été injectés dans des développeurs de puces émergents. L’américain Cerebras a, à lui seul, levé un milliard en février. Au total, 4,7 milliards sont allés à des concurrents aux États-Unis et 800 millions à des acteurs européens. Les géants du cloud, quant à eux, cherchent à réduire leur dépendance. Google négocierait ainsi avec Marvell Technology pour développer de nouvelles puces, une Memory Processing Unit et un TPU de nouvelle génération.
Nvidia réplique par une offensive tous azimuts. L’an passé, le groupe a investi 18 milliards de dollars en recherche et développement et a réalisé des acquisitions stratégiques, comme celle du spécialiste de l’inférence Groq pour 20 milliards. L’entreprise diversifie aussi ses débouchés. Lors du salon NAB Show à Las Vegas, elle présente des applications d’IA pour l’industrie médiatique, avec une intégration dans le logiciel Premiere d’Adobe pour accélérer les corrections colorimétriques.
Les prochains rendez-vous sont cruciaux. La publication des résultats trimestriels, attendue le 20 mai, sera scrutée. La direction vise un chiffre d’affaires ambitieux d’environ 78 milliards de dollars, un chiffre qui exclut volontairement toute contribution des centres de données en Chine. Ce marché représentait pourtant 13% du total l’an dernier, avant l’entrée en vigueur des restrictions américaines à l’export. La semaine du 23 avril apportera également des indications avec les publications d’Intel, Tesla et IBM, partenaires ou concurrents dans l’écosystème de l’IA.
L’avenir immédiat repose sur le déploiement réussi des nouvelles architectures. Les plateformes Blackwell et la future Vera Rubin, promise pour le second semestre, pourraient générer jusqu’à 1 000 milliards de dollars de chiffre d’affaires cumulé sur les années 2026 et 2027. Vera Rubin vise notamment une efficacité énergétique bien supérieure. Techniquement, l’action se maintient à 8,6% au-dessus de sa moyenne mobile sur 200 jours, et son plus bas annuel de 86,58 euros, touché récemment, est désormais lointain. La route vers les 6 000 milliards de capitalisation est tracée, mais elle devra intégrer les manœuvres d’une concurrence de mieux en mieux financée.
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