Le vent tourne pour Novo Nordisk. Le champion des traitements contre l’obésité et le diabète, longtemps porté par des marges confortables et une croissance insolente, fait face à une offensive concurrentielle sur ses deux principaux théâtres d’opérations : les États-Unis et l’Asie. Cette pression sur deux fronts distincts oblige le groupe à une révision radicale de sa stratégie commerciale.
La décision la plus spectaculaire concerne le marché américain. Pour contrer l’avancée d’Eli Lilly et défendre ses parts de marché, Novo Nordisk va procéder à une coupe franche dans ses tarifs. Dès janvier 2027, les prix de liste de ses blockbusters Wegovy et Ozempic seront réduits de jusqu’à 50% aux États-Unis. Une Monatsration coûtera alors environ 675 dollars. Ce mouvement agressif, qui sacrifie délibérément la rentabilité à court terme, vise à capter un volume de demande attendu en forte hausse.
Pour y répondre, le groupe déploie des moyens colossaux. Un budget record de 55 milliards de couronnes danoises est prévu pour 2026, principalement destiné à étendre les capacités de production. Des milliers d’embauches sont également au programme. L’objectif est clair : compenser la chute des prix par une explosion des volumes vendus.
Pendant ce temps, un autre front s’embrase en Asie, une région qui incarnait jusqu’ici le prometteur relai de croissance à long terme. En Inde, une guerre des prix fait rage dans le segment des médicaments amaigrissants, avec une multitude de fabricants locaux et internationaux qui bousculent les acteurs établis. La Chine prépare, quant à elle, le déploiement de ses propres alternatives aux traitements GLP-1. Pour le PDG Mike Doustdar, la mission consiste désormais à défendre des positions face à des concurrents à bas coûts, tout en gérant en interne la transition progressive des best-sellers à base de sémaglutide vers de nouvelles thérapies.
Cette conjoncture difficile se reflète sans ambages dans les performances boursières. Le titre a perdu près de 33% depuis le début de l’année et clôturait vendredi dernier à 34,44 euros. Son cours a ainsi été divisé par plus de deux depuis son dernier sommet. L’indicateur technique RSI, à 25, signale une situation de survente prononcée. Le programme de rachat d’actions en cours ne parvient qu’à amortir partiellement la chute.
La pression sur les fondamentaux est également palpable. La direction anticipe pour 2026 un recul sensible du chiffre d’affaires et du bénéfice, pouvant atteindre 13%. Les récentes données cliniques n’ont pas apporté le souffle nouveau espéré. Si les résultats du candidat-médicament expérimental UBT251 sont encourageants pour la perte de poids, des analystes de Citi et de la Deutsche Bank les jugent neutres, estimant qu’ils ne sont pas suffisamment révolutionnaires pour redistribuer les cartes du marché. Ce constat fait suite au revers subi en février dernier, lorsque la thérapie combinée CagriSema n’a pas démontré la supériorité attendue face à la concurrence dans une étude clé.
Tous les regards se tournent maintenant vers la publication des résultats du premier trimestre, prévue le 6 mai 2026. Ce rapport sera crucial pour évaluer la capacité du management à tenir ses prévisions annuelles malgré les turbulences asiatiques et pour obtenir des précisions sur la manière dont les volumes pourront compenser la chute drastique des prix aux États-Unis. L’équilibre du géant danois se joue sur ces deux échiquiers.
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