Le laboratoire français traverse une période charnière. D’un côté, ses caisses se vident et le titre accuse une chute de près de 41 % depuis le début de l’année. De l’autre, deux vaccins majeurs – contre la maladie de Lyme et la shigellose – pourraient offrir une bouffée d’oxygène. Mais les avis divergent fortement sur la marche à suivre. Goldman Sachs a dégradé l’action à « vendre », avec un objectif de 2,15 euros, tandis que Jefferies maintient un conseil d’achat et un cours cible de 15 dollars. Guggenheim, plus prudent, reste acheteur mais a ramené son objectif à 11 dollars.
Les résultats du premier trimestre 2026 ont déçu : le chiffre d’affaires a chuté à 31 millions d’euros. La direction a immédiatement révisé ses prévisions annuelles à la baisse et annoncé un plan de rigueur drastique. Quinze pour cent des effectifs mondiaux seront supprimés. Fin mars, la trésorerie s’élevait à 105 millions d’euros, renforcée par une augmentation de capital de 37 millions d’euros. L’objectif est de réduire les coûts opérationnels et de sécuriser le financement des programmes en cours.
LB6V : un dossier ambigu
Le vaccin contre la maladie de Lyme, développé avec Pfizer, avance vers les demandes d’homologation, aux États-Unis et en Europe, prévues cette année. L’étude de phase III VALOR a montré une efficacité de 73 à 75 % selon les fenêtres d’observation. Mais le faible nombre d’infections survenues pendant l’essai a réduit la puissance statistique des résultats. Pfizer juge ces données « très encourageantes » et poursuit les démarches réglementaires malgré les doutes. Goldman Sachs pointe le risque d’un examen compliqué par les autorités, tandis que Jefferies estime que le chemin vers le feu vert reste crédible.
S4V2, le joker inattendu
À mi-2026, l’attention se portera sur le candidat vaccin contre Shigella, S4V2, avec les premiers résultats de l’étude de phase II. La FDA a déjà accordé le statut de « fast track » à ce projet. Le marché potentiel est estimé à plus de 500 millions de dollars par an, aucun vaccin n’étant encore approuvé dans les pays occidentaux contre cette infection bactérienne. Si les données sont positives, Valneva prendra en charge l’intégralité du développement ultérieur.
IXCHIQ et le portefeuille établi
Le retrait d’IXCHIQ du marché américain a pesé sur le moral des investisseurs. En dehors des États-Unis, la commercialisation se poursuit. Guggenheim table sur des revenus de 3,3 millions d’euros pour ce vaccin contre le chikungunya. En parallèle, le Brésil a autorisé début mai la production locale d’IXCHIQ, ouvrant la voie à son intégration dans le système public de santé brésilien. Les produits matures restent solides : IXIARO et Dukoral devraient générer respectivement la majeure partie d’un chiffre d’affaires trimestriel estimé à 49 millions d’euros par Guggenheim.
Un titre en sursis
Vendredi, l’action clôturait à 2,27 euros, à peine au-dessus de son plus bas de 52 semaines. Le plus haut annuel, 5,16 euros, semble hors de portée. L’écart avec la moyenne mobile à 200 jours (3,70 euros) constitue une résistance technique majeure. La volatilité annualisée dépasse 60 %, signe de l’extrême nervosité du marché.
Le 30 juin, le management répondra aux actionnaires lors de l’assemblée générale à Lyon. Les investisseurs espèrent un calendrier précis pour les données du Shigella et les dépôts réglementaires du Lyme. Ces deux échéances détermineront si Valneva peut sortir de l’ornière ou si la chute se poursuit.
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