La performance boursière de Nvidia semble défier toute gravité. La valeur a clôturé vendredi à 201,68 dollars, franchissant la barre des 200 dollars après une série de onze séances consécutives de hausse. En euros, l’action se négocie à 169,48 €, affichant une avance d’environ 15% sur le mois et de près de 90% sur l’année. Cette dynamique technique, où le titre évolue bien au-dessus de ses moyennes mobiles à 50 et 200 jours, s’appuie sur un contexte macroéconomique favorable et des fondamentaux solides.
Le repli du pétrole Brent vers 86 dollars et la baisse des rendements des obligations d’État américaines à 10 ans autour de 4,29% ont offert un terreau propice. En tant que valeur de croissance à longue durée, Nvidia bénéficie disproportionnément de la baisse des taux d’intérêt, qui justifie des multiples de valorisation plus élevés. Le titre se négocie actuellement à environ 22 fois les bénéfices anticipés, son niveau le plus conservateur depuis le début du cycle de l’intelligence artificielle selon les observateurs.
Cette vigueur trouve sa source dans des résultats opérationnels record. Le dernier trimestre a vu le chiffre d’affaires s’envoler à 68,1 milliards de dollars, porté à 62,3 milliards par le seul segment des centres de données. La société vise environ 78 milliards de dollars de revenus pour le trimestre en cours, après une année 2026 historique à 215,9 milliards, en croissance de 65%. Le prochain test majeur interviendra avec la publication des résultats, attendue le 20 mai 2026.
Cependant, une ombre géopolitique plane sur cette success story. Le PDG Jensen Huang a récemment lancé un avertissement inhabituel concernant la montée en puissance de la concurrence chinoise. Le prochain modèle d’IA V4 du développeur DeepSeek pourrait en effet fonctionner sur les processeurs Ascend 950PR de Huawei, un scénario qualifié de « terrible » pour les intérêts technologiques américains. Cette possible migration, qui marquerait un éloignement de l’écosystème CUDA de Nvidia au profit de solutions locales, représente un risque stratégique pour la domination à long terme du groupe, même si les puces américaines conservent aujourd’hui un avantage de performance estimé à cinq pour un.
Les investisseurs institutionnels, qui détiennent environ 65% du capital, et les analystes semblent pour l’heure focalisés sur la trajectoire de croissance. La banque Oppenheimer a réaffirmé la qualification de « Top Pick » avec un objectif de cours de 265 dollars. Parallèlement, Wall Street Zen a relevé sa recommandation à « Strong Buy », le consensus des analystes tablant sur un cours moyen cible de 273,57 dollars, soit un potentiel de plus de 35%. Le programme de rachat d’actions, doté d’un volume restant d’environ 58,5 milliards de dollars, soutient également mécaniquement le titre.
L’attention se porte désormais sur le déploiement des futures plateformes. Le lancement des systèmes Blackwell-Ultra et l’arrivée de l’architecture Vera-Rubin, prévue fin 2026, sont scrutés comme les prochains catalyseurs. Toute communication de la direction concernant l’« Agentic AI », ces systèmes capables d’exécuter des tâches de manière autonome, sera également décisive pour calibrer les attentes sur la prochaine vague d’investissements dans les infrastructures. La résilience du cours face aux alertes stratégiques démontre la prééminence actuelle des indicateurs opérationnels.
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