Les résultats de phase 3 de VALOR, l’essai du candidat vaccin contre la borréliose de Lyme PF-07307405 (LB6V) codéveloppé avec Pfizer, ont été dévoilés à l’occasion d’IDWeek. Leur lecture révèle un dossier à deux niveaux : une protection observée bien réelle, mais une exigence statistique fixée à l’avance que la première analyse n’a pas remplie. Pour les investisseurs, tout l’enjeu est de ne pas confondre ces deux dimensions.
73,2 % d’efficacité, mais un plancher à 15,8 %
Selon les médias, l’analyse primaire d’efficacité fait ressortir un taux de 73,2 %. La borne inférieure de l’intervalle de confiance à 95 % associé s’établit toutefois à 15,8 %, alors que le seuil requis avait été préalablement arrêté à 20 %. Le critère statistique n’est donc pas atteint.
Ce décalage mérite d’être expliqué plutôt que dramatisé. L’intervalle de confiance mesure l’incertitude qui entoure l’estimation : sa borne basse ne se substitue pas au taux d’efficacité, les deux chiffres répondent à des questions distinctes et doivent être lus ensemble. Une efficacité élevée et un objectif d’étude manqué ne sont pas contradictoires. À l’inverse, rater la barre ne signifie pas que l’analyse n’a décelé aucune protection.
Le décompte des cas parle de lui-même : 19 infections à Lyme ont été recensées dans l’analyse primaire, dont 15 dans le groupe placebo et 4 chez les vaccinés. La répartition plaide en faveur d’un effet protecteur, sans lever pour autant la réserve statistique.
La seconde évaluation, elle, passe la barre
Une deuxième analyse, qui prend en compte les infections survenues à partir du lendemain de la quatrième dose, affiche une borne inférieure d’intervalle de confiance à 21,7 %. Le critère est cette fois satisfait. Ce décalage du point de départ de l’observation fait partie intégrante de la lecture du résultat : les deux évaluations ne sont pas interchangeables, et le bon chiffre de la seconde ne gomme pas l’échec de peu de la première. Cette dernière portait sur 16 cas de Lyme. Le profil de sécurité a par ailleurs été jugé favorable. Le candidat est développé pour les personnes dès l’âge de cinq ans.
Le dossier européen, prochaine étape décisive
L’EMA a validé la demande d’autorisation en août 2026. L’avis du comité compétent, le CHMP, est attendu dans les prochaines semaines, une homologation dans l’UE étant évoquée pour le premier semestre 2027. Rien n’est acquis à ce stade : les autorités devront arbitrer entre les deux analyses, et la question centrale reste ouverte — l’ensemble des données suffira-t-il malgré le critère primaire manqué de justesse ?
IXCHIQ, un facteur de charge distinct
Valneva doit composer en parallèle avec la décision de l’agence britannique MHRA concernant IXCHIQ. Selon son évaluation, la balance bénéfices-risques n’était plus favorable. L’examen de sécurité a mis en évidence des effets indésirables graves, dont de rares événements neurologiques, certains ayant entraîné des hospitalisations ou des décès. Les professionnels de santé doivent cesser de prescrire, délivrer et administrer ce vaccin.
Cette décision porte sur IXCHIQ et se distingue des résultats de VALOR présentés à IDWeek. Deux questions différentes coexistent donc pour l’évaluation de Valneva : la sécurité d’un vaccin déjà autorisé et la solidité statistique des données d’un candidat. Un compte rendu de marché a relié la faiblesse persistante du titre jeudi au retrait britannique, en soulignant aussi un marché français globalement plus mou. On ne peut toutefois en déduire une réaction claire aux nouvelles données de l’étude, dont le point crucial demeure l’écart entre l’efficacité estimée et l’exigence statistique non remplie.
Publicité
Actions Valneva: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Valneva et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Valneva entièrement gratuite : En savoir plus ici !

