Le groupe français de services environnementaux Veolia pourrait voir l’Espagne s’imposer comme son troisième marché à l’échelle mondiale dans les années à venir. C’est ce qu’a indiqué la directrice générale Estelle Brachlianoff mardi, plaçant ainsi le pays ibérique juste derrière la France, son marché domestique, et les États-Unis. Une hiérarchie qui traduit l’importance croissante du territoire espagnol dans la stratégie internationale de long terme du groupe.
Cette ambition s’appuie notamment sur un contrat d’envergure dans le secteur de l’eau. Veolia a été retenu pour assurer un service de production d’eau potable dans l’agglomération barcelonaise, pour un montant global d’un milliard d’euros et une durée ferme de 25 ans. L’accord couvre huit communes du bassin de Barcelone et garantit l’approvisionnement en eau potable de plus de 230 000 habitants sur un quart de siècle. La finalisation reste toutefois soumise à des conditions formelles : les documents nécessaires doivent encore être complétés et examinés en détail avant l’attribution définitive.
Pour l’activité opérationnelle, ce type de marché public se traduit par un engagement de longue durée et des revenus prévisibles. Il illustre aussi le rôle central que conserve l’expansion sur le marché européen dans la feuille de route du groupe.
Milwaukee : un contrat d’exploitation contesté en justice
En parallèle de cette avancée ibérique, Veolia rencontre des vents contraires en Amérique du Nord. Selon des informations de presse, le Milwaukee Metropolitan Sewerage District a écarté lundi son prestataire sortant, Veolia North America. Pour le prochain contrat d’exploitation des installations de traitement des eaux usées, portant sur dix ans, l’autorité a choisi le concurrent Jacobs Solutions. Le nouveau contrat doit démarrer en 2028.
Veolia n’a pas accepté cette décision et a engagé une action en justice. En réponse, le district d’assainissement a fait savoir qu’il ne signerait pas l’accord avec Jacobs Solutions tant que la procédure judiciaire engagée par Veolia resterait en cours. L’avenir opérationnel du site du Wisconsin demeure donc suspendu à une issue juridique. Pour le groupe, c’est une référence importante qui se joue sur son deuxième marché mondial.
En Italie, un arbitrage à 86 millions d’euros contesté
Les démêlés judiciaires ne se limitent pas au continent américain. L’Italie a déposé une demande d’annulation d’une sentence arbitrale rendue dans le cadre du Traité sur la Charte de l’énergie. Dans cette procédure, Veolia s’était vu octroyer une indemnité de 86 millions d’euros. Le litige portait sur des manquements liés à deux concessions de traitement des déchets.
Ces contentieux interviennent à un moment où la direction multiplie les rapprochements à l’international. Il y a un peu plus de trois semaines, Veolia avait ainsi signé des déclarations d’intention en Arabie saoudite.
La Bourse reste prudente face à ces signaux contrastés
Sur les marchés, ce mélange d’expansion européenne et d’incertitudes juridiques outre-Atlantique incite les investisseurs à la retenue. La veille, le titre a cédé 1,4 % pour clôturer à 30,27 euros. En dépit de ce repli récent, l’action conserve depuis le début de l’année une progression modérée de 2,2 %.
Ce mercredi, le mouvement baissier se poursuit : le titre perd 1,8 % pour s’établir à 30,14 euros. L’écart avec le plus haut sur 52 semaines ressort ainsi à -21 %.
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